CARNET DE L’AMATEUR


19 March 2022

Un weekend à Versailles, nos meilleures adresses

Après s’être réveillé dans une très belle chambre au Grand Contrôle, nous vous conseillons une petite promenade matinale à la pièce d’eau des Suisses. Puis, rendez-vous à l’exposition temporaire du moment du château qui sont toujours de très grande qualité. Prenez le temps ensuite de déjeuner chez Pincemin ou à la Table du 11. Arrêtez-vous à l’Osmothèque ou au Potager du roi pour découvrir de délicieuses odeurs. Faites une courte pause au Chant du coq pour y déguster d’exquises pâtisseries pour le goûter ou chez State of Mind, le salon de thé de nos amis Catherine et François. Réalisez un petit peu de shopping dans le Quartier Notre Dame ou dans celui de Saint Louis. Et enfin, venez nous rendre visite à l’Hôtel de Bouillon. Détendez-vous autour d’un verre au coin de la cheminée ou dans le jardin à la française et repartez avec une jolie œuvre, souvenir d’une belle escapade versaillaise.


Nos restaurants :
Le pincemin
10 boulevard du roi – 78000 Versailles
La table du 11
8 rue de la Chancellerie – 78000 Versailles

Notre hôtel :
Le grand contrôle
1 rue de l’Indépendance Américaine – 78000 Versailles

Notre pause goûter :
Le chant du coq
98 rue de la paroisse – 78000 Versailles
State of Mind (qui est aussi notre parfumerie préférée)
5 rue du Baillage – 78000 Versailles

Nos musées :
Château de Versailles
Place d’Armes- 78000 Versailles
Musée Lambinet
54 boulevard de la Reine – 78000 Versailles

Nos lieux favoris :
Promenade autour de la pièce d’eau des Suisses
Route de Saint Cyr – 78000 Versailles
L’Osmothèque
36 rue du parc de Clagny – 78000 Versailles
Le potager du roi
10 rue du maréchal Joffre – 78000 Versailles

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12 March 2022

Notre sélection presse

Plusieurs média papier français ou étrangers sont proposés dans les kiosques ou à se faire livrer chez soi. Ils sont le meilleur moyen de se tenir au courant de l’actualité culturelle (expositions, tendances, nominations muséales, etc) et de celle du marché de l’art (ventes record, évènements, nouvelles découvertes ou redécouvertes d’œuvres, etc). Ils peuvent aussi, pour les collectionneurs, être une source régulière d’inspiration : les images ravissantes de musées, les étonnantes publicités, les articles de réflexion sont par exemple des générateurs d’idées pour les amateurs. La curiosité et la soif de connaissances sont deux traits de caractères communs chez les collectionneurs, et la presse permet d’assouvir leurs besoins. Il en existe de tous types : mensuel ou quotidien par exemple, généraliste ou tourné vers une spécialité (décoration, actualité, art ancien, etc), traditionnel ou avec un ton original. Vous les connaissez peut-être déjà, la Galerie Pellat de Villedon vous propose sa sélection pour compléter votre bibliothèque.

- Connaissance des arts (mensuel)
- Beaux-Arts magazine (mensuel)
- L’objet d’art (mensuel)
- L’œil (mensuel)
- Journal des Arts (bimensuel)
- Quotidien de l’art (quotidien)
- VMF (bimestriel)
- Demeures historiques (bimestriel)
- Aladin (mensuel)
- L’éventail (mensuel)
- Arts in the city (bimestriel)
- The World of interior (mensuel)

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5 March 2022

Conseils lectures – des collectionneurs inspirants

La collection et la décoration sont le fruit d’un savant mélange de goûts innés, de curiosité et de découverte à travers des échanges avec des collectionneurs et des galeristes, de visites de musées, de voyages, de lectures et d’inspirations diverses. Aujourd’hui, nous avons réuni dans cet article les ouvrages qui nous ont marqués dernièrement. Ils sont de véritables croisières vers des imaginaires pluriels. Parfois biographie d’amateur, collection de collectionneurs ou simple recueil d’images extraordinaires, ces livres sont à s’offrir.


- « Collections, collectionneurs », Emmanuel Pierrat, Éditions de la Martinière

- « Chez eux : quand recevoir est un art », Pierre Sauvage, Flammarion

- « Les nouveaux cabinets de curiosité », Emmanuel Pierrat, Les Beaux jours

- « Clubs et cercles en Europe », Charles-Louis de Noüe et Serge Gleizes, Du Palais

- « 20 ans de passion : le château de Champs de Bataille », Jacques Garcia, Flammarion

- « The joy of collecting », Jean Paul Getty, Getty publications

- « Le dernier des Camondo », Pierre Assouline, Folio

- « La fortune de Richard Wallace », Lydie Perreau, Le livre de Poche

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19 February 2022

Mise en valeur

La Galerie Pellat de Villedon possède une certaine expérience en matière de décoration. De nombreux clients doivent faire face au manque de place chez eux, d’autres ont des pièces à la configuration spécifique, etc. De vrais questions se posent sur l’organisation d’une collection. Pour le plaisir de l’aménagement, de la passion du décor raffiné, la Galerie vous dévoile aujourd’hui ses secrets et astuces.

- La console d’applique : Vendue seule ou en paire, en bois doré, elle permet de pallier au manque de place. Accrocher au mur, vos objets d’art peuvent enfin trouver leur destination.

- La chaussette de lustre : Les lustres permettent de réfléchir la lumière grâce aux pampilles. Hélas les fils et chaînes disgracieux gâchent souvent le décor. Il suffit de faire passer tout ceci dans un joli tissu cousu à la couleur de votre choix. Réglable, il n’y a aucun problème de longueur. Petite note : plus il y a de fronce, plus la partie supérieure du lustre sera jolie. Par ailleurs, faites attention à la hauteur de votre lustre. Cette dernière est très importante pour l’ambiance de votre décoration (tout comme la taille du luminaire).

- Les socles, gaines, colonnes : Autres que les consoles d’appliques, les socles, gaines et colonnes sont d’excellents présentoirs pour les objets d’art. De tailles et dans des matériaux divers, ils seront parfaits dans votre intérieur. Ils peuvent être présentés seul, à plusieurs en rang de manière néoclassique ou en groupement en dégradé.

- Accrocher ses tableaux : Pour accrocher ses tableaux, plusieurs options s’offrent à vous : cimaises (pour pouvoir souvent changer de décor), avec un clou/crochet directement au mur (un accrochage invisible), avec des chaînes de part et d’autre du tableau reliées à une barre métallique (comme ce que nous pouvons observer souvent dans les collections britanniques), grâce à un ruban ou à une cordelette (pour varier les matières). Notre secret est de présenter les portraits ou médaillon sur un grand miroir avec un cordon rouge tressé.

- Les tissus : Les tissus ont une grande importance dans un intérieur : ils permettent de réchauffer la pièce. Les tapis et les rideaux sont des exemples élémentaires. Par ailleurs, la garniture des sièges est un élément à ne pas négliger. La qualité des tissus est très importante car elle met en valeur ces dits sièges. Nous pouvons nous amuser avec, changer au gré des saisons, des humeurs. Vous pouvez commencer par ajouter quelques jolis coussins à votre salon et agrémenter vos rideaux avec des embrasses pour créer du relief.

- La bougie : Toujours dans l’idée de réchauffer une pièce, la présence de bougie est idéale. Que ce soit sur des bougeoirs ou appliques, il est possible d’allumer de vraies bougies ou des bougies électriques (il en existe de très bonne qualité aujourd’hui). De couleur rouge par exemple pour plus de modernité ou couleur ivoire classique, toutes les pièces peuvent accueillir ces « accessoires ».

Les fleurs : Avoir de jolis bouquets ou une fleur solitaire dans des vases en faïence ou en porcelaine, c’est un détail qui fait toute la différence. Cela donne de la vie, la touche finale à votre intérieur.

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10 February 2022

Entretien

Les œuvres d’art demandent une attention particulière concernant l’entretien. Si elles ont réussi à survivre à plusieurs guerres, changements de régimes, révolutions, changement de modes, c’est qu’elles sont d’excellentes qualité de fabrication. En effet, les techniques des meubles français au XVIIIe siècle leur assurent une grande solidité (réalisées en bois sec, la déformation est limitée). Or, malgré ce fantastique savoir-faire qu’ont possédé nos créateurs, les propriétaires ont un rôle à jouer également pour que les objets et meubles puissent perdurer aussi longtemps que possible. Nous évoquerons ici particulièrement le mobilier.

Les meubles et sièges sont principalement réalisés en bois. Ses différents ennemis sont :
- Les variations de températures. Les coups de froids brusques, les courants d’air, une fenêtre ouverte, un chauffage fort rapproché provoquent des dégâts d’usures rapides.
- La sécheresse. Le chauffage central à tendance à dessécher l’atmosphère et donc à décoller les placages et fendre le bois, la dorure qui s’écaille, etc.
- L’humidité excessive et le manque d’aération provoque des moisissures, noirci les bronzes, etc.
- L’exposition trop forte à la lumière. Les garnitures des sièges et le bois ont tendance à « passer ».
- Les mauvaises manipulations. De trop nombreux transports, de forts chocs causent des dégâts notamment dans la dislocation de l’assemblage du meuble (le système d’articulation du meuble peut faiblir au fur et à mesure du temps selon son histoire).
- Les vers de bois (les xylophages) affaiblissent le meuble en créant de petites galeries.
- L’eau. Détremper un meuble à l’excès risque de dissoudre la colle et donc de soulever le placage.

Pour contrer ces éléments, Pierre Verlet, dans son ouvrage « Les meubles français du XVIIIe siècle », propose des solutions faciles à appliquer. Il suffit de placer votre meuble dans un endroit sain. Il faut éviter les changements de températures brusques (si les conditions physiques évoluent de manière constante et lente, il n’y aura pas de dégâts).  Il faut également faire attention à l’hygrométrie. Dans l’idéal, une température autour de 17°c et une hygrométrie de 50 % sont des conditions idéales. Cependant, un climat égal et une hygrométrie constante suffise largement.

En ce qui concerne l’entretien quotidien, il n’y a pas de grandes difficultés. Les meubles s’encrassent de manière naturelle. Il faut alors utiliser des plumeaux et chiffons et éviter l’eau. Pour les recoins des bronzes par exemples, il est préférable d’utiliser une petite brosse.
Pour toutes demandes d’entretien et de conservation plus conséquentes, il est recommandé de s’adresser à des spécialistes de façon à respecter les usages du XVIIIe siècles et à apporter à votre meuble les meilleurs soins possibles. La Galerie Pellat de Villedon a le plaisir de confier à ses collectionneurs les adresses des artisans les plus compétents de chaque spécialité.

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4 February 2022

Où et comment acheter

Les collectionneurs de mobilier et d’objets d’art du XVIIIe siècle attachent très souvent une attention particulière à leurs lieux d’achats et aux conditions de celles-ci. La collection n’est pas seulement la possession d’une œuvre mais c’est aussi tous les souvenirs qu’elle engendre : la première rencontre, les heureuses surprises de la documentation lue sur celle-ci, l’intégration dans son intérieur, le dialogue avec le reste du décor, etc. Un réel lien se crée entre l’objet et son propriétaire.

Le marché de l’art propose différents lieux de vente. Les maisons de vente aux enchères organisent des ventes publiques autour d’un thème (spécialisée sur une époque par exemple) ou alors des ventes moins spécifiques et mélangent plusieurs typologies d’objets. Ces ventes sont des « évènements » qu’elles soient en lignes ou dans une salle, c’est-à-dire que la vente est organisée à une date et à un horaire précis, ce qui demande une certaine disponibilité à l’acheteur et de connaitre le calendrier des ventes. L’exposition se réalise souvent à la veille de la vente. Ces ventes proposent plusieurs centaines de « lots », le débit est extrêmement rapide, les enchères se succèdent en quelque seconde ce qui peut perdre quelque fois les nouveaux venus (il est en effet parfois nécessaire de connaitre « les codes » pour se sentir à l’aise). Les habitués des hôtels de ventes « se battent » pour acquérir un objet ou un meuble au meilleur prix. Il n’est pas évident que vous remportiez votre œuvre. Le commissaire-priseur accompagné de l’expert réalise des expertises et des estimations, ils ont une large équipe gérant l’administration et la manutention. Après plusieurs ventes, il n’est pas sûr que vous traitiez avec la même personne. Ces ventes aux enchères comportent de nombreux points positifs mais sont plutôt adressées aux connaisseurs et aux personnes familiarisées avec le marché de l’art. 

L’autre espace de vente principal concerne les galeries et les antiquaires. Il s’agit d’un modèle de vente bien différent des ventes aux enchères. La Galerie Pellat de Villedon fait partie de cette catégorie. Le principal avantage concerne le lien entre le collectionneur et l’antiquaire. Ludovic Pellat de Villedon met un point d’honneur notamment à ce qu’une relation de confiance règne avec sa clientèle. Cette transparence est possible grâce aux exigences que s’impose la Galerie : tous les objets et meubles datent du XVIIIe siècle (nous ne proposons pas de copies ou d’œuvres de style du XIXe siècle), la provenance est toujours surveillée, l’équipe de la Galerie tente d’être d’une disponibilité exemplaire que ce soit par téléphone, email, rendez-vous pour répondre à toutes les éventuelles questions (la demande de photographies supplémentaires en est un exemple), etc. 
Par ailleurs, la Galerie développe très souvent un lien privilégié avec les acquéreurs. Ils apprécient la dimension « familiale » de la Galerie, les attentions portées à leurs égards : leur préférence en matière de style ou leur recherche précise d’un meuble lorsqu’ils nous sont connus permettent des propositions personnalisées ; des conseils et un suivi de la collection leur est proposé (nous pouvons citer les conseils d’entretien ou de décoration par exemple) ; ils reçoivent des invitations aux évènements prestigieux auxquelles la Galerie participe et sont souvent invités aux « diners de collectionneurs » organisés par la Galerie Pellat de Villedon au sein des espaces d’exposition. 
L’antiquaire présente également un avantage particulier : il s’agit de sa personnalité. Il réalise sa propre sélection, propose son goût selon des critères qu’il a lui-même défini. Cette direction artistique, semblable aux marques de luxe, construit un imaginaire. Le collectionneur a donc le loisir d’adhérer et de s’identifier à cette proposition. 

De plus, la Galerie Pellat de Villedon propose plusieurs « lieux » d’achats de façon à s’adapter aux mieux aux besoins de chacun des collectionneurs. Tout d’abord, nous pouvons citer les galeries : La Galerie Pellat de Villedon possède un espace d’exposition rue du Bailliage et un hôtel particulier, l’Hôtel de Bouillon, à Versailles. Il s’agit de larges pièces présentant les meubles et objets au sein de décors soignés. Cette scénographie est changée très régulièrement afin de donner des idées de mise en scène aux acheteurs. Toutes les œuvres proposées à la vente sont donc exposées et peuvent être vues par tous et à n’importe quelle moment (la Galerie étant ouverte du mercredi au dimanche de 10h30 à 13h et de 14h30 à 19h). Le collectionneur a la possibilité de repartir avec son achat directement, ou de se faire livrer par nos soins à son domicile. S’il a besoin de réflexion, la Galerie propose des fiches contenant le cartel et les photographies de l’œuvre à emporter. D’autre part, si le collectionneur souhaite régler plus tard, il le peut en réservant le meuble ou l’objet et en versant un acompte. Le paiement en carte bancaire, par virement, par chèque sont possibles.

L’achat en boutique n’est pas le seul moyen d’acquérir des œuvres. La Galerie Pellat de Villedon est également présente sur les plateformes digitales. Elle possède un site internet mettant en ligne ses objets. Elle a à cœur de proposer chaque semaine des nouveautés (présentes dans la newsletter). Ce site est à la fois une vitrine mise à jour quotidiennement mais aussi un site de vente en ligne. La Galerie est également présente sur des sites internationaux de ventes d’œuvres d’art tels que Proantic et Anticstore. 

Enfin, la Galerie Pellat de Villedon participe à des salons prestigieux tels que la Biennale Paris. Il s’agit d’un autre lieu d’achat très apprécié des collectionneurs. C’est l’occasion pour la Galerie de présenter ses meilleurs œuvres dans un cadre exceptionnel. Ces expositions éphémères réunissent les plus grands collectionneurs, décorateurs, conservateurs et permettent une visibilité sans précédent. La sélection de meubles et d’objets particulièrement poussée prend donc une valeur supplémentaire.

Ainsi, acheter auprès d’un antiquaire, c’est échanger sa passion avec d’autres, se créer des souvenirs importants, agrandir sa collection en apprenant ses goûts et la direction souhaitée, avoir un suivi dans ses acquisitions, etc. 

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26 January 2022

D’agréables musées

“L'art est la présence dans la vie de ce qui devrait appartenir à la mort ; le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mort.”
André Malraux

Les meubles et objets d’art des XVIIe et XVIIIe siècles font partie de la grande famille des « Arts décoratifs ». Ils sont connus aujourd’hui, mais également depuis leur création, dans le monde entier pour la qualité d’exécution de leurs artisans, pour l’originalité de leurs décors et pour l’élégance de leurs formes. Si Louis XIV, Madame de Pompadour, Richard Wallace, Moïse de Camondo, Karl Lagerfeld, Jacques Garcia entre autres ont aimé ou aiment et soutiennent la création française de cette époque, c’est que ce goût a atteint une certaine universalité. 

Cette période artistique a donc produit des génies et des œuvres d’une qualité exceptionnelle. C’est pourquoi de nombreux écrins ouverts à tous nous donnent la chance de conserver ces objets et meubles historiques, de les mettre en valeur et de les réunir lorsque certains ensembles sont séparés. Nous parlons ici évidement des musées qui permettent notamment de faire vivre et de faire connaître ce siècle aux nouvelles générations. Par ailleurs, en plus d’être d’heureux transmetteurs de savoir, les musées sont d’immenses sources d’inspirations concentrés entre quelques murs. Ainsi, la Galerie Pellat de Villedon vous propose quelques visites pour découvrir ou redécouvrir des œuvres importantes de notre Histoire ou tout simplement d’une très grande beauté.



Versailles : 

Château de Versailles
http://www.chateauversailles.fr/

Musée Lambinet
https://www.versailles.fr/culture/etablissements/musee-lambinet/


Paris :

Le Louvre
https://www.louvre.fr/

Musée Nissim de Camondo
https://madparis.fr/francais/musees/musee-nissim-de-camondo/

Musée des Arts Décoratifs 
https://madparis.fr/francais/musees/musee-des-arts-decoratifs/

Musée Cognacq Jay
http://www.museecognacqjay.paris.fr/

Petit Palais
http://www.petitpalais.paris.fr/

Musée Jacquemart-André
https://www.musee-jacquemart-andre.com/

L’Hôtel de la Marine
https://www.hotel-de-la-marine.paris/

Musée Carnavalet 
https://www.carnavalet.paris.fr/




Ile de France :

Château de Fontainebleau
https://www.chateaudefontainebleau.fr/

Château de Champs sur Marne
http://www.chateau-champs-sur-marne.fr/

Château de Breteuil
http://www.breteuil.fr/

Château de Vaux le Vicomte
https://vaux-le-vicomte.com/

Domaine départemental de Sceaux
https://domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.fr/

Musée des Avelines
https://www.musee-saintcloud.fr/

Musée du Domaine royal de Marly
https://www.marlyleroi.fr/Mus%C3%A9e-Promenade/471/

Domaine national de Saint-Cloud
http://www.domaine-saint-cloud.fr/

Cité de la céramique
https://www.sevresciteceramique.fr/

Château de Rambouillet
http://www.chateau-rambouillet.fr/



Autres régions de France :

Château de Compiègne
https://chateaudecompiegne.fr/

Château de Chantilly
https://www.domainedechantilly.com/fr/

Château de l’Abbaye de Chaalis
http://www.chaalis.fr/fr

Château de Lunéville
http://www.chateauluneville.meurthe-et-moselle.fr/fr

Château de Champs de Bataille
https://www.chateauduchampdebataille.com/


Royaume-Unis :

Victoria and Albert Museum
https://www.vam.ac.uk/

Wallace Collection
https://www.wallacecollection.org/?gclid=CjwKCAiA1fnxBRBBEiwAVUouUgQDT1_XLK1xggCQOQNk9VPMXpcRqfXyjZ5q0iuB6eWME2RpjWF8phoChw0QAvD_BwE

Waddesdon Manor
https://waddesdon.org.uk/



Etats-Unis :

Frick Collection
https://www.frick.org/

Metropolitan Museum
https://www.metmuseum.org/

Jean Paul Getty Museum
https://www.getty.edu/

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20 January 2022

Les conseils lectures


Notre passion commune pour les arts décoratifs et le XVIIIe siècle se cultive notamment par la lecture d’ouvrages généraux, spécialisés ou par des revues. Écrits par des historiens de l’art, des conservateurs, des experts, des collectionneurs à l’occasion d’exposition, de thèses ou de mémoires notamment, ces livres sont pour beaucoup d’entre nous le berceau de cette passion. Ils sont également essentiels pour l’approfondissement de notre connaissance. De cette manière, les collectionneurs de mobilier et d’objet d’art de cette période sont également des collectionneurs de livres sur le XVIIIe siècle ou sur les arts décoratifs et la bibliothèque devenant alors un véritable laboratoire créateur de nouvelles envies.
Que ce soit pour les primo-collectionneurs ou les amateurs passionnés de longues dates, la Galerie Pellat de Villedon a à cœur de vous partager quelques ouvrages de références (il s’agit bien évidement d’une liste non exhaustive, ce sont de simples propositions de livres que nous possédons dans notre propre bibliothèque).



Des livres pour commencer une collection :

Si nous ne devions citer qu’un seul livre, il s’agirait de celui-ci : « Meubles français du XVIIIe siècle » de Pierre Verlet. Véritable bible, il a été écrit par l’une des légendes spécialisées sur les arts décoratifs du XVIIIe siècle. Bien que ce livre soit devenu rarissime, nous le conseillons à tous les nouveaux amateurs souhaitant avoir une vue d’ensemble mais précise du mobilier du XVIIIe siècle. Y sont abordés autant le processus de fabrication, les différents métiers, les styles, les ébénistes influents, l’authenticité, les marques et jurande, les types de meubles, etc.

Meubles français du XVIIIe siècle, Pierre Verlet, Presse Universitaire de France


Rédigé également par Pierre Verlet, « La maison du XVIIIe siècle en France » est un ouvrage que nous conseillons spécialement aux collectionneurs. Il s’agit d’un livre détaillant l’usage et la disposition du mobilier, l’éventail de choix de matières et de couleurs utilisées pour les sols et les murs. Il peut être une excellente source d’inspiration pour les propriétaires de mobilier ancien et pour les décorateurs.

La maison du XVIIIe siècle en France, Pierre Verlet, Baschet et Cie


Certains amateurs ne collectionnent que des œuvres d’origine française, d’une seule époque et d’autres achètent des objets et meubles venant de toute l’Europe et datant de siècles différents. Ainsi, que ce soit pour comprendre l’évolution des styles ou comparer les diverses productions le livre « Styles, meubles, décors, du Moyen-Âge à nos jours » aux éditions Larousse est une très bonne approche.

Styles, meubles, décors, du Moyen-Âge à nos jours, collectif, Larousse



Ces livres thématiques pour faire des recherches :

Lorsque nous sommes des amateurs aguerris, il est courant que nous souhaitions réaliser nous-même nos recherches. Pour cela, le digital ne suffit pas, les bibliothèques deviennent indispensables. La Galerie Pellat de Villedon vous propose quelques ouvrages de références traitant d’un seul sujet selon la thématique que vous souhaitez aborder.

Tout d’abord, nous pouvons évoquer les sièges. Plusieurs auteurs ont traité ce sujet avec brio. Nous pouvons citer Bill Pallot (« L’art du siège au XVIIIe siècle en France ») et Guillaume Janneau (« Les sièges »).

En ce qui concerne l’horlogerie, les différents volumes des éditions Tardy sont essentiels tout comme « L’Encyclopédie de la pendule française du Moyen Âge au XXe siècle » de Pierre Kjellberg.

Les marbres quant à eux sont très bien référencés dans le livre de monsieur Jacques Dubarry de Lassale intitulé « Identification des marbres ».

L’art du siège au XVIIIe siècle en France, Bill Pallot, ACR Edition
Les sièges, Guillaume Janneau, Jacques Fréal
La pendule française des origines à nos jours, collectif, Tardy
Encyclopédie de la pendule française du Moyen Âge au XXe siècle, Pierre Kjellberg, Les éditions de l’Amateur
Identification des marbres, Jacques Dubarry de Lassale, Editions H. Vial



Quelques dictionnaires :

Quand nous sommes passionnés et même quand nous avons plusieurs décennies d’expérience, il n’est pas rare de rencontrer des mots qui nous semblent inconnus. Entre les manuscrits, les livres ou les étiquettes des meubles datant du XVIIIe siècle ou encore les cartels actuels des maisons de vente et des galeries, les dictionnaires spécialisés sont indispensables, en voici quelques exemples.
Nous commencerons par évoquer les ouvrages définissant les meubles et objets. Nous recommandons la collection « Vocabulaires » des Éditions du patrimoine : en particulier « Mobilier domestique – Vocabulaire typologique » (en deux tomes) et « Objet civil domestique – Vocabulaire typologique ». Grâce à des descriptions précises et des photographies d’exemples, ces livres vous seront d’une grande aide.

Mobilier domestique – Vocabulaire typologique, collectif, Éditions du patrimoine
Objet civil domestique – Vocabulaire typologique, collectif, Éditions du patrimoine


Nous pouvons poursuivre avec le vocabulaire concernant l’ornement. Toujours dans la collection des Éditions du patrimoine, « Ornement – Vocabulaire typologique et technique » se prêtera bien à vos recherches. L’autre livre que nous vous conseillons est le célèbre « Lexique des termes d’art » de Jules Adeline récemment réédité.

Ornement – Vocabulaire typologique et technique, collectif, Éditions du patrimoine
Lexique des termes d’art, Jules Adeline, Bibliomane


Enfin, il reste à évoquer les dictionnaires des ébénistes et menuisiers recensés (très utiles lorsque nous possédons un meuble à l’estampille peu connue). Les deux principaux livres de ce sujet sont « Le mobilier français du XVIIIe siècle – dictionnaire des ébénistes et des menuisiers » de Pierre Kjellberg et « Les ébénistes du XVIIIe siècle français » aux éditions Hachette.

Le mobilier français du XVIIIe siècle – dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Pierre Kjellberg, Les éditions de l’Amateur
Les ébénistes du XVIIIe siècle français, collectif, Hachette



En savoir plus sur le XVIIIe siècle :

Nous pouvons terminer cet article par quelques suggestions de livres présentant d’intéressantes facettes de la société du XVIIIe siècle : ils sont souvent de très bonnes idées de cadeaux pour les passionnés.
Les marchands-merciers ont fait l’objet d’une exposition au musée Cognacq-Jay en 2018. Celui-ci a sorti à cette occasion un livre sur cette fascinante profession (« La fabrique du luxe : les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle »).

La fabrique du luxe : les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle, collectif, Paris Musées


Les témoignages sont très pertinents, à lire également. Nous vous proposons les lettres de la Princesse Palatine ou bien encore les écrits de Charles de Peyssonnel pour se plonger trois siècles en arrière. Ce sont des écrits parfois comiques, parfois intriguant, parfois émouvant mais toujours une source de savoirs nouveaux et d’inspiration.

Lettres de la princesse Palatine 1672-1722, La princesse Palatine, Mercure de France
Petite chronique du ridicule – les français ont-ils changé depuis 1782 ?, Charles de Peyssonnel, Petite Bibliothèque Payot

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13 January 2022

Les différents profils de collectionneurs

La passion pour les arts décoratifs, le XVIIIe siècle ou pour un personnage de cette époque se traduit généralement par la collection de meuble et d’objets d’art de cette même époque. Il existe une quantité gigantesque d’histoires de collectionneurs : les uns ont débuté par le lègue d’une commode par un grand-parent, d’autres par le coup de foudre artistique avec un bureau de Martin Carlin dans une exposition temporaire, ou encore certains ont eu le bonheur d’ouvrir un livre avec la représentation de Louis XV à leur sixième printemps. Ainsi, ce premier amour peut naître à n’importe quel âge, à n’importe quelle période de la vie. Dès lors, jamais ce goût ne s’arrête. Il évolue en fonction des rencontres avec les antiquaires et les autres collectionneurs, avec des expositions vues et des livres lues, avec des inspirations développées avec l’œuvre de décorateurs ou de films visionnés par exemple, etc.

Or, chaque collectionneur est unique. Chacun construit son « goût », développe son œil, sa propre exigence et réalise une sélection qui correspond à ses envies. Cependant, plusieurs d’entre eux se rassemblent autour d’une fascination plus prononcée pour l’esthétique, le côté historique ou encore pour la facette artistique.

Ainsi, le côté artistique du mobilier et des objets d’art attire celui qui collectionne en recherchant la pièce originale, la pièce ayant une importance dans l’Histoire de l’art, une pièce rarissime et d’une qualité d’exécution irréprochable.
Toujours en plaçant en priorité le caractère artistique au centre de la sélection, d’autres vont acquérir en fonction du style ou de l’artiste. Ils ont alors une préférence particulière pour leur philosophie et approche.

D’un autre côté, il y a des collectionneurs qui s’intéressent davantage à l’esthétique de leurs achats. Ainsi, ils cherchent à meubler leur intérieur en fonction d’un goût précis et portent une grande attention à l’état du meuble ou de l’objet. Ces derniers reprennent alors souvent leur place d’éléments utilitaires.
Dans cette même idée de recherche esthétique, des amateurs différents portent leur attention sur les formes et les matières utilisées. Ils sont généralement amateurs d’époque diverses et n’hésitent pas à mélanger des œuvres anciennes et contemporaines.

Enfin, cela peut être le côté historique qui peut plaire aux amateurs. En effet, certains d’entre nous collectionnent des meubles et des objets caractéristiques d’un style ou d’une décennie afin de recréer un ensemble parfaitement semblable à ce que nous avons pu réaliser au XVIIIe siècle. Vivre au milieu d’un décor datant de plusieurs siècles avant nous est leur souhait tout comme un univers s’en inspirant.
D’autres passionnés d’Histoire, ne vont rechercher que des objets et meubles ayant appartenus à un personnage historique.

Cependant, il est évident qu’il ne s’agit pas d’une liste exhaustive puisque les collectionneurs se distinguent par leur singularité, correspondent à aucun ou même à plusieurs traits de ces caractères. Aucune généralité ne peut être faite, mais ces idées de profils sont largement utiles pour le primo-collectionneur qui construit la vision de sa collection. En revanche, tous les collectionneurs sont quasiment unanimes pour affirmer qu’ils achètent au coup de cœur.

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7 January 2022

Pourquoi collectionner ?

La Galerie Pellat de Villedon propose une sélection de meubles et objets d'art datant principalement du XVIIIe siècle. Il s'agit d'oeuvres d'exception, la plus belle production d'une époque tant fantasmée aujourd'hui. En effet, Versailles n'a jamais connu autant de visiteurs et les musées du monde entier sont tous fiers de montrer les témoins d'une époque fastueuse. Le Metropolitan Museum de New York, le Victoria and Albert Museum de Londres et le Louvre n'en sont que quelques exemples. Or, il est tout à fait admis de se poser la question : "pourquoi acheter du mobilier aujourd'hui ? " . Cette dernière connait quelques réponses que la Galerie Pellat de Villedon est très heureuse de vous dévoiler.

1. C'est avoir le privilège de posséder un objet unique, d'une qualité remarquable, conçu par les meilleurs artisans de l'époque. C'est acheter de l'Art.

2. C'est être le propriétaire d'un objet historique, ayant été acheté par des commanditaires prestigieux et ayant traversé les siècles. C'est acheter un bout de l'Histoire.

3. C'est s'entourer de mobilier et d'objets de luxe, conçu avec des matériaux d'exception pour les plus belles demeures du XVIIIe siècle. C'est vivre autour d'une des productions les plus abouties jamais réalisées.

4. C'est vivre avec élégance au milieu de témoins d'un raffinement et d'un savoir vivre jamais égalé. C'est se convertir à l'art de vivre à la française.

5. C'est être entouré du Beau, de meubles et d'objets qui créent des émotions par leur esthétique. C'est acheter plus qu'une décoration, de la beauté pour son quotidien.

6. C'est se cultiver avec des exemples proches de nous, faire continuer à vivre un patrimoine. C'est sauvegarder notre patrimoine.

7. C'est faire le choix d'un style intemporel, d'un intérieur dont on ne se lasse pas. C'est acheter avec sûreté du mobilier et des objets qui ont toujours été appréciés.

8. C'est investir dans une oeuvre d'art qui aura toujours de la valeur (et même qui en prendra), que l'on peut transmettre. C'est concevoir une collection, c'est-à-dire une forme d'épargne avec laquelle nous pouvons en profiter tous les jours et qui possède ses propres avantages fiscaux.

9. C'est se différencier en montrant un "goût" que vous avez-vous même construit. C'est montrer sa personnalité en concevant son propre patrimoine artistique.

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30 December 2021

L’incroyable progéniture du duc de Bouillon, premiers enfants de l’Hôtel de Bouillon

« Toute la France sait qu’elle est par son ancienneté, et la grandeur de son origine, une des familles les plus illustres entre les premiers du royaume : et les étrangers la connaissent assez par les fréquentes alliances avec les principales maison d’Europe et par les souverainetés de Bouillon »
Citation du Baron de Saumière au sujet de la famille du duc de Bouillon. 


Le 20 avril 1662 Godefroy Maurice de la Tour d’Auvergne, duc de Bouillon épouse Marie-Anne Mancini. Leur union tumultueuse d’aventures (voir les articles sur la duchesse et le duc de Bouillon) verra venir au monde dix enfants, cinq fils et cinq filles. 
Comme chaque noble de la cour du roi de France, les enfants du duc de Bouillon entrent vaillamment dans l’histoire de France grâce à leur carrière militaire et politique et feront alors perdurer le nom de leur famille jusqu’au XIXe siècle par leurs descendants.



Louis-Charles de La Tour d’Auvergne (1665-1692)

Premier enfant du duc et de la duchesse de Bouillon, il est destiné à reprendre le titre de son père ainsi que sa fonction de Grand Chambellan. Homme intellectuel et militaire, il rédige à l’âge de quatorze ans en août 1679 une thèse philosophique nommée Ludovic Magno thèses ex universa philosophie dicta et consécration Ludovicus et la soutient au collège des Jésuites de Clermont-Ferrand. Il s’agit là d’un simple exercice de rhétorique qui sera imprimé en très petite quantité. Six ans après il fera partie d’un petit groupe de jeunes princes résidants à la cour du roi. Avec deux de ses cousins : Louis-Armand de Conti et François-Louis de La Roche-sur-Yon, le 20 mars 1685, ils demandent à sa Majesté Louis XIV l’autorisation de prendre part à la guerre de Pologne sous Sobieska. Après avoir obtenu l’approbation du roi, les trois jeunes hommes partirent sans donner congé au souverain. Cependant, ils ne s’arrêtèrent pas en Pologne, mais bien plus loin dans le nord, en Hongrie, où siégeait la bataille contre les Turcs. Cette nouvelle arrivant à la cour du roi fit un coup d’éclat, et malheureusement elle n’arriva pas seule. En effet un courrier en leurs noms fut saisi à Strasbourg sous ordre de sa Majesté, ce courrier contenait plusieurs lettres rédigées par des femmes et gentilshommes de la cour de France profanant des moqueries et des insultes à l’égard de Louis XIV et de ses proches. A son retour en France Louis-Charles fut exilé par le roi. Il trouva alors refuge en Italie et il s’engagea dans l’armée vénitienne. Le 25 novembre 1690 il obtient le pardon du roi et rentre en France. A son retour il va saluer le souverain et fait ses premières armes dans la charge de Grand Chambellan du roi, fonction qui lui est destinée à la mort de son père. A son retour, il se marie également, le 22 février 1691 à Anne-Geneviève de Lévis-Ventadour (1673-1724), avec qui il aura aucun enfant. Grâce à cette alliance il reçu la seigneurie de Roberval qui entre alors dans la Maison de la Tour d’Auvergne. Nommé brigadier de cavalerie le 3 juillet 1692, il va faire la campagne de Flandre, où il sera blessé en août par un coup de mousquet à Steinlergue, qui lui sera fatal.


Marie-Elisabeth (1666-1725)

Mademoiselle de Bouillon est la second enfant du duc et de la duchesse de Bouillon. Proche de la société de son époque elle se mêlait à la cour et fut une grande amie de la duchesse de Bourgogne. On sait également que Mademoiselle de Bouillon approchait souvent la personne royale. La jeune fille montait à cheval et participait aux chasses royales de la cour. Elle ne fut jamais mariée. Contrairement à ses frères, elle était très proche de son père Godefroy Maurice, si bien que Marianne Mancini en était jalouse. D’après Saint-Simon, sa mère la terrorisait. Elle pris soin de son père à la mort de ce dernier en 1721 et succomba elle aussi quelques années après. 



Edmond-Théodose (1668-1730)

Promis à l’église, et présenté à Rome au Saint-Père, la mort subite de son frère ainé, ruine sa vocation d’homme d’église. Sa nouvelle destinée étant d’avoir une glorieuse carrière militaire, il commencera sa formation en Italie dans les troupes de Cantinat, et il les poursuivra en Allemagne. A la mort de son père en 1721, il prend alors le titre de duc de Bouillon et devient le nouveau grand Chambellan et intègre les Pairs de France. Bien qu’il ait hérité du titre et de la fonction de Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne, Edmond-Théodose n’avait pas une bonne relation avec son prédécesseur. En effet après la découverte d’un testament de l’un de ses ancêtres, dans lequel il est stipulé que « l’ainé des enfants de la famille a de plein droit la propriété des biens héréditaires, le père n’en étant plus que l’usufruitier. », il mena la vie dure à son géniteur. D’après Saint-Simon il fait un procès contre le duc de Bouillon, en l’accusant de le priver de ce droit. Grand ami de Louis XIV, son père fit appel au roi afin que l’affaire ne soit étouffée. Suite à cela le fils du duc de Bouillon vivra avec une haine constante envers son père. Au delà de sa relation conflictuelle avec son paternel, Edmond-Théodose eut également des relations amoureuses compliquées puisqu’il se maria quatre fois. Son premier mariage eut lieu durant l’année 1696 avec Marie-Armande-Victorine de La Trémoille (1677-1717), elle lui donnera huit enfants dont le successeur d’Edmond-Théodose, celui qui fera perduré le titre de duc de Bouillon, est nommé Frédéric-Maurice-Casimir (1702-1723). A la mort de sa première femme, il se maria trois fois d’affilée et chacune de ses nouvelles femmes lui donnera un enfant. La deuxième femme fut Louise-Françoise-Angélique Le Tellier (1700-1719) qu’il épousa en 1718, Anne-Marie-Christine de Simiane (✝︎ 1722) mariée à Edmond-Théodose en 1720, et enfin, Louise-Henriette-Françoise de Lorraine (1707-1737) qui deviendra par son mariage la nouvelle duchesse de Bouillon. Voltaire l’un des grands amis d’Edmond-Théodose, - qui lui versait par ailleurs une pension - appréciait beaucoup sa mère, Marianne, et son éposue, tous deux duchesses de Bouillon. Il les compare donc et chante leurs louanges dans les vers suivants : 
« Deux Bouillon tour à tour ont brillé dans le monde, 
« Par la beauté, le caprice et l’esprit ;
« Mais la première eût crevé de dépit 
« Si par malheur elle eût vu la seconde. »
Ainsi Voltaire admirateur de Marianne Mancini, demande à Edmond-Théodose des archives de sa famille afin de défendre après coup cette dame dans l’affaire des poisons qui l’avait frappé à travers un écrit. Cette démarche montre ô combien la famille avait de précieux alliés.


Frédéric-Jules (1672-1733)

Surnommé le chevalier de Bouillon, il entre dans l’Ordre de Malte et devient chevalier et grand croix en 1690. Frédéric-Jules de La Tour d’Auvergne est l’enfant terrible de la famille du duc et de la duchesse de Bouillon. Comme ses frères, il avait une très mauvaise relation avec son paternel,  il avait l’audace de de se moquer ouvertement de la cour et du roi-soleil, d’après Saint-Simon « Il était d’une audace pareille, qui ne se contraignait sur rien, qui disait du roi que c’était un vieux gentilhomme de campagne dans son château, qu’il n’avait plus qu’une dent et qu’il la gardait contre lui ». De nature très violent il fut également accusé d’avoir frappé à mort un traiteur chez qui il se sustentait. A son caractère trésor hardi s’ajoutent ses mœurs légères, en effet Frédéric-Jules faisait partie de la société des libertins de la cour du roi. On lui conserve des lettres adressées à son ami l’abbé Chaulieu (ancien libertin) dans lesquelles il lui reproche de le sermonner sur ses mœurs. A ce sujet, il fut rappeler à l’ordre par le duc de Bouillon, mais le chevalier de Bouillon s’en moquant il proclama qu’il n’était pas son père et qu’il était le fruit de la relation infidèle de sa mère avec son amant Philippe de Vendôme. Suite à cette querelle, à l’âge de dix-huit ans il fut exilé à Turenne le 23 décembre 1690. Il est de retour à la cour l’année suivante. Par la suite, en octobre 1692 il rencontre le grand Dauphin qui lui donne les entrées chez lui. Le 11 décembre suivant, grâce à sa relation avec le fils du roi il entre dans la Marine royal et est nommé par sa Majesté capitaine de vaisseau. Malheureusement il naviguait très peu et s’ennuyait de sa fonction. A trente-huit ans, il prend le titre de prince d’Auvergne abandonné par la mort de son cousin François Egon de La Tour. Après la mort du roi en 1715, le chevalier de Bouillon se rapprocha du régent Philippe d’Orléans auquel il susurra de nombreuses idées d’événements pour la cour. Il est notamment l’inventeur des bals masqués ayant lieu à l’Opéra instaurés alors par le duc d’Orléans trois fois par semaine. 
Ce n’est qu’en 1719 à quarante-sept ans qu’il se marie pour la première fois à Olive-Catherine de Trent (1688-1738) dite Mademoiselle Trent, dont les noces auront lieu pendant trois jours à l’hôtel de Bouillon. De ce mariage il aura trois enfants, tous mort en bas-âge.



Henri-Louis (1679-1753)

Le dernier fils du duc et de la duchesse de Bouillon, le comte d’Evreux, est connu aujourd’hui pour avoir eu une très grande carrière militaire. Elle débute en 1691 durant le siège de Mons où le comte d’Evreux est nommé à la charge d’enseigne au régiment du roi. 8 ans plus tard, Henri-Louis monte en grade en obtenant la fonction de colonel du régiment de Blaisois. A la suite de cela, il achètera la charge de colonel général de la cavalerie légère à son oncle. Cependant l’achat de cette charge était très coûteux. Pour en assumer le prix, Henri-Louis pris la décision de faire un bon mariage. C’est ainsi qu’avec la grâce du roi, il épousa en 1707 Marie-Anne Crozat (1696-1729) fille du plus riche banquier de Paris Antoine Crozat. On sait que Marianne Mancini, d’après Saint-Simon, la duchesse de Bouillon appréciait particulièrement l’épouse de son fils qu’elle surnommait « petit lingot d’or ». Grâce à ce mariage Henri-Louis reçut une coquette somme de deux millions de livres. A cette somme d’argent s’ajoute une spéculation due aux actions de la compagnie des Indes qu’il tient de sa femme qui lui rapporta quelques millions de plus. Quelques années après, l’argent n’étant plus un problème il tenta de faire annuler son mariage, mais la duchesse de Bouillon s’y opposa catégoriquement. En guise de consolation, il se lancera dans une liaison avec la duchesse de Lesdiguières sa cousine. Après son mariage, sa carrière militaire ne cesse de monter en grade, puisqu’il devient en 1708 lieutenant général des armées du roi. Sous la Régence il entre dans le Conseil, et sera promu au rang de gouverneur du Poitou en 1716 et de l’Ile-de-France en 1719.


Mademoiselle d’Albret (1696)

Elle est l’enfant du duc de Bouillon la moins connue à ce jour. Elle dédie sa vie à la religion en allant résider principalement au couvent de Port-Royal à Paris et en passant une partie de sa vie auprès de son oncle le cardinal de Bouillon (1643-1715) dans sa maison de repos à Saint-Martin de Pontoise où elle jouera la maîtresse de maison. 



Louise-Julie (1679-1750)

Autrement appelée Mademoiselle de Château-Thierry, elle débute sa vie comme religieuse dans le couvent de Port-Royal à Paris avec sa sœur ainé. Cependant, Louise-Julie quitte le couvent pour se marier le 22 juin 1698 à François Armand de Rohan, prince de Montbazon, faisant prendre alors à cette dernière le titre de princesse de Montbazon. Pour cette alliance, le roi aurait donné à la dernière fille du duc de Bouillon 100.000 livres. De cette union naîtra deux enfants tout les deux mort jeunes. 

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23 December 2021

La rue Carnot dans le centre de la Ville-Neuve de Versailles

Sous le roi Louis XIV (1638-1715), Versailles était une ville composée de deux quartiers séparés par la place d’Armes et ses trois avenues. Il y avait le quartier du « Vieux-Versailles » et celui de la « Ville-Neuve », l’hôtel de Bouillon se trouvait dans ce dernier qui était le quartier le plus grand de la ville. La « Ville-Neuve », portait ce nom suite à toutes les nouvelles constructions qui y furent bâties dû à l’arrivée de la cour au château de Versailles. Le quartier était délimité au Nord et à l’Est par le château ainsi que par le parc et l’étang de Clagny. Il était donc composé de la rue de la Paroisse, Duplessis, du marché, de la rue et de la place Hoche ainsi que la rue des Réservoirs et de la rue de la Pompe (l’actuelle rue Carnot). Dirigée de l’Ouest à l’Est, faisant 539,25 mètres de long, elle est l’une des rues les plus anciennes de Versailles, elle gardera ce nom même après la Révolution. Le nom de la rue de la Pompe lui est attribué grâce à la présence de l’ancienne pompe à eau de Versailles située au XVIIe siècle rue des Réservoirs à l’emplacement du futur hôtel de la marquise de Pompadour, faisant face à notre fameuse rue de la Pompe. C’est durant l’année 1662, que Louis XIV demande au fontainier Pierre de Francine (1621-1686), de construire la grotte de Thétis surmontée d'un réservoir et adossée à trois autres grands réservoirs. Cette grotte, située à la place de la chapelle, est toujours visible. Afin de pouvoir alimenter les réservoirs en eau, une pompe hydraulique est alors construite pour amener l’eau jusqu’au château d'eau de l’étang de Clagny. Cette pompe, qui se trouvait dans une tour octogonale située dans la rue des Réservoirs à la place de l’hôtel de Madame de Pompadour, est détruite en 1686 avec la destruction de la grotte de Thétis.

Si l’entrée de l’hôtel de Bouillon est aujourd’hui située au 2 bis rue Carnot (rue de la Pompe), au XVIIe siècle elle se situait au 10 rue des Réservoirs, faisant l’angle et s’étendait jusqu’au 4 rue Carnot. On trouvait, adossée à l’hôtel, à l’angle de la rue des Réservoirs et de la rue de la Pompe une fontaine qui avait pour avantage à Versailles de fournir de l’eau de source. Elle faisait face à l’hôtel de Trimouille.
En effet, l’hôtel de Trimouille était l’une des demeures versaillaises qui se trouvait rue de la Pompe au n°12, voisin au n°13 de l’hôtel de Condé et de l’hôtel de Noaille au n°1. Outre les hôtels particuliers des courtisans du château, les écuries de la Reine et du Dauphin y avaient également leurs places, ainsi que celles de Monsieur le duc d’Orléans.


Bibliographie :

LE ROI Joseph-Adrien, Histoire des Rues de Versailles et de ses places et avenues depuis l’origine de cette ville jusqu’à nos jours, Versailles, ed. P. Oswald, 1861, tome 1
 

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18 December 2021

Marianne Mancini, duchesse de Bouillon

« Avec le plus aimable des visages, elle avait beaucoup d’esprit, et fort orné de toutes sortes de lectures, un esprit hardi, mâle, entreprenant, dominant, et qui avait dominé toute sa vie » Saint-Simon. 

C’est ainsi que Marie-Anne Mancini dite Marianne était désignée à la cour de Louis XIV. Née à Rome en 1649 et morte en 1714 à Paris, elle est la fille de Geronima Mazarin (1614-1656) soeur du cardinal Jules Mazarin (1602-1661). Issue d’une fratrie de huit enfants, elle est la dernière nièce du cardinal. Ce dernier fit venir sa sœur et ses enfants à Paris, cependant Marianne ne fera pas partie du voyage de par son jeune âge. Accompagnée par les comtes de Noailles, elle quittera Rome en 1655, pour la capitale française où l’attend une nouvelle vie pleine de rencontres intellectuelles et d’aventures au sein de la cour du roi-soleil. 


Marianne Mancini et le duc de Bouillon

À la mort de Mazarin, la plus jeune de ses nièces n’était pas encore mariée. Il lui laissa alors deux cent mille écus et le gouvernement d’Auvergne pour son futur époux. Le cardinal destinait l’une de ses nièces au mariage avec l’un des fils de la famille des ducs de Bouillon. La reine mère Anne d’Autriche organisa alors ce mariage pour Marianne Mancini (voir l’article sur le duc de Bouillon). En effet la Gazette de France annonce le 19 avril 1662 la signature réalisée dans la chambre du roi par leurs Majestés ainsi que par ses sœurs et d’autres personnages de la cour royale du contrat de mariage de la dernière Mazarin avec Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne (1641-1721) futur duc de Bouillon. Les fiançailles seront célébrées par l’évêque de Mirepoix le jour même, et le lendemain alors qu’elle est âgée de seulement treize ans et son nouveau mari de vingt et un ans, eut lieu la cérémonie des épousailles. Le duc de Bouillon était alors un militaire  (prenant par la suite la charge de Grand Chambellan de Louis XIV, lui valant l’obligation d’être au plus proche de sa Majesté, c’est-à-dire à Versailles). Cependant, la nouvelle duchesse de Bouillon, préférant Paris, s’était constituée son cercle mondain à la capitale. Par un accord tacite, ils eurent une relation à distance, où Monsieur le duc rendait visite à Madame dans leur hôtel parisien. Cette union entre le duc et la duchesse de Bouillon donnera la vie à dix enfants (5 fils et 5 filles). 


Les amours infidèles de Marianne

« On m’a dit que le roi disait l’autre jour que Madame de Bouillon était la femme de la cour la plus propre à instruire » Madame de Scudéry lettre du 6 octobre 1677.
Tel était l’une des réputations que possédait la duchesse de Bouillon à la cour de Louis XIV. Nous lui connaissons assurément deux des infidélités qu’elle fut à Monsieur de Bouillon, notamment avec Antoine-Charles de Grammont, dit le comte de Louvigny (1641-1720), qui profitait de l’absence de monsieur son mari pour se rendre à l’hôtel de Madame en pleine nuit. 
Or, sa relation qui fit le plus de bruit fut celle avec le Chevalier de Vendôme (1655-1727) plus connu sous le nom de Grand Prieur, fils de Laure Mancini, la sœur de la duchesse, donc neveu de Marianne. Sa soeur meurt suite à l’une de ses couches en 1657, et son mari meurt en 1769. Orphelin, le jeune chevalier de Vendôme fut recueilli par sa tante à l’hôtel de Bouillon. Cette cohabitation familiale donna suite à des sentiments amoureux entre les deux jeunes gens. Marianne étant âgé de vingt-trois ans et son neveu de 17 ans, les relations incestueuses ne les arrêtèrent pas. Certains disent, qu’il est le père d’un des dix enfants que la duchesse et le duc de Bouillon eurent ensemble. Nous pensons à Frederic-Jules (1672-1753) Chevalier de Bouillon qui lors d’une querelle avec son père lui énonce les faits suivants : « Vous, mon père ? Vous savez bien que non, et que c’est Monsieur le Grand Prieur ! ».
À la suite de ses aventures, Marianne se retira en 1675, dans le couvent de Montreuil près d’Arques-la-Bataille. Plusieurs sources citent ce passage de sa vie, mais tous n’ont pas la même version. En effet, Primi Visconti (historien de la vie à la cour du roi de France) informe que « La duchesse de Bouillon s’est retirée spontanément dans un couvent, craignant quelques trames du vicomte de Turenne, oncle de son mari, et du cardinal de Bouillon, son beau-frère ». Tandis que le recueil Maurepas indique : « les amants de Marie-Anne Mancini, lorsque le duc son mari l’eût fait enfermer dans un couvent l’an 1675 pour ses galanteries ». Ainsi, nous ne savons pas s’il s’agit d’une décision de Madame tenant à se retirer des suites de son infidélité incestueuse ou si c’est Monsieur qui l’a congédiée. 


Une femme de lettre et une grande mécéne parisienne

La duchesse de Bouillon n’a que quinze ans lorsqu’elle fait de son hôtel parisien un salon littéraire et mondain qui sera animé par les esprits les plus illustres du règne de Louis XIV. Molière et Corneille, avec lesquels elle composera des vers et les disputera, en sont quelques exemples. C’est également à cet âge que la jeune Marianne devient la protectrice du célèbre Jean de La Fontaine (1621-1695). Lorsque son mari part en guerre contre les Turcs, ce dernier l’envoie loger dans l’une de leur demeure à Château-Thierry. Afin de faire disparaître son ennui, on lui conseille de faire la rencontre du maître des eaux des lieux qui écrit de petites histoires. De là nait une grande amitié entre Marianne et Jean de La Fontaine. Ce dernier écrit ses premiers contes pour amuser la jeune Marianne, et d’après Walckenaers, dans son « Histoire de la Vie et des ouvrages de J. De la Fontaine » (1820) il aurait écrit pour l’amuser elle seule ses premiers vers obscènes. Madame de Bouillon va encourager le poète à se lancer dans une importante carrière, en l’introduisant dans son hôtel parisien, où la duchesse préside sa petite académie. Elle l’aidera pour ses Fables au niveau moral et matériel, et il écrira le « Poème sur le quinquina » à sa demande. Grâce à elle, l’homme de lettres sera anobli comme gentilhomme. En outre, pour remercier sa bienfaitrice, il lui dédira son ouvrage « Psyché » en 1669 : « À Madame la duchesse de Bouillon. Madame, c’est avec quelque sorte de confiance que je vous dédie cet ouvrage ».

Protectrice des hommes de lettres de son temps, elle prend également sous son aile Jacques Pradon (1632-1698). Il s’agit d’un dramaturge, concurrent direct de Jean Racine, notamment lorsque les deux hommes décident de reprendre le thème de Phèdre. Phèdre est une jeune femme, nouvelle épouse de Thésée, qui se retrouve à être éperdument amoureuse du fils de ce dernier : Hippolyte. S’ensuit de ce fait une relation incestueuse entre les deux personnages. De la part de Racine, nous retrouvons un clin d’œil évident à la relation incestueuse de la duchesse, à contrario Pradon raconte l’amour de Phèdre et Hippolyte avant que cette dernière ne se marie avec Thésée. La duchesse mettra alors tout en œuvre pour que la pièce du dramaturge ne soit pas un succès. Ceci donna lieu à ce que nous appelons « La cabale de Phèdre ». Pour aider son ami, qui fera la première représentation de sa pièce deux jours après celle de Racine, elle dépensa quinze mille livres pour louer les théâtres durant six semaines, dans lesquels allaient se produire les deux événements. Dans celui de Racine, elle paya des gens pour y venir siffler et dormir tandis que dans celui de Pradon, elle fera venir toutes les personnes de son salon mondain pour y applaudir. Pour la remercier, dans les librairies la « Phèdre » de Pradon possédera une épître dédiée à la duchesse de Bouillon. 


La duchesse de Bouillon accusée dans l’affaire des Poisons de Versailles

En mars 1679, a lieu l’un des plus grand scandale du règne de Louis XIV, celui de « l’Affaire des poisons ». En effet, c’est à cette date que la célèbre empoisonneuse La Voisin (v.1640-1680) est arrêtée et est accusée d’avoir vendu du poison à certains courtisans qui ont alors pu orchestrer divers meurtres. Dans cette affaire, 442 personnes furent inculpées, parmi eux apparaît le nom de la duchesse de Bouillon. À l’occasion de ces nombreux jugements, un tribunal spécial sera créé qui portera le nom de la Chambre Ardente. D’après Madame de Sévigné, la rumeur courrait en France que Marianne aurait faite appel à La Voisin pour empoisonner son mari Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne, afin qu’elle puisse épouser le chevalier de Vendôme. Obligée à comparaître le 29 janvier 1680, elle domina l’assemblée comme le veut son caractère avec sa confiance et sa hauteur devant les juges : elle expliqua qu’elle connaissait La Voisin, mais lorsqu’on lui demanda pourquoi elle voulue tuer son mari elle répondit : « Moi, m’en défaire ! Vous n’avez qu’à lui demander s’il en est persuadé : il m’a donné la main jusqu’à cette porte ». À la fin de son jugement Madame de Bouillon eu l’audace de s’exclamer devant le tribunal « Vraiment, je n’eusse jamais cru que des hommes sages pussent demander tant de sottises ». Saint Simon dit alors de son mari qu’il faisait preuve d’indulgence (au vue de l’inconduite de son épouse). Il était convaincu de son innocence et imprima l’interrogatoire subi par sa femme à la Chambre Ardente afin de la disculper aux yeux de toute l’Europe.
Acclamé par sa famille et ses amis, ce ne fut pas le cas de Louis XIV qui, outré par ces propos, ordonna l’exil de Marianne le 16 février 1680 à Nérac. À son retour à Paris, rien n’avait changé, elle retourna la tête haute dans son salon mondain en son hôtel particulier. Elle continua à voir son grand ami Monsieur frère du roi,  jusqu’à son décès, qui l’attrista beaucoup en 1708. Elle décède en 1714 à l’âge de 68 ans, un an avant le roi et ayant connu tout du règne.



Bibliographie :

Deruelle Roger, Grandeur et décadence de la Maison de Bouillon, 1974
Petit Léon, Marie-Anne Mancini duchesse de Bouillon, ed. Cerf-Volant, 1970
Renée Amédée, Les nièces de Mazarin études de mœurs et de caractères au XVIIIe siècle, Paris, 1857

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3 December 2021

Godefroy Maurice de la Tour d’Auvergne, duc de Bouillon, là où tout commence

« Souverain duc de Bouillon, duc d’Albret et de Château-Thierry, comte d’Auvergne et d’Evreux viscomte de Turenne et de Lanquais, vidame de Tulle, baron de Limeuil et de Montgascon, pair et grand chambellan de France, gouverneur de la haute et basse Auvergne ». Telle était la manière dont était annoncée la venue de Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne dit duc de Bouillon (1636-1721). Il est le premier fils d’une fratrie de dix enfants nés du mariage entre un grand chef militaire du XVIIe siècle, Frédéric-Maurice de la Tour d’Auvergne (1605-1652), duc de Bouillon et prince de Sedan, et de Eléonore de Bergh (1613-1657). C’est de son initiative que l’Hôtel de Bouillon sortit de terre.


Les prédécesseurs du duc de Bouillon

Godefroy Maurice est né d’une union d’amour. Le couple formé du duc et de la duchesse de Bouillon traversa le XVIIe siècle uni. D’après « Braver Mazarin, la duchesse de Bouillon dans la Fronde » de Sophie Vergnes, un couple fondé sur la confiance et la grande affection qu’ils se portaient mutuellement. Connus pour avoir marqué la Fronde sous le régime du cardinal Mazarin et d’Anne d’Autriche, les deux amants eurent une histoire tumultueuse. L’ensemble des choix politiques de Frédéric-Maurice fut principalement dû à son désir d’obtenir compensations par la couronne après la perte de sa principauté de Sedan qu’il céda au roi en 1642, suite à la conjuration de Cinq-Mars.

Le 18 janvier 1650, le comte de Condé fut emprisonné sur ordre d’Anne d’Autriche. Cet événement marqua le début de cette célèbre Fronde avec le départ notamment des soutiens du comte de Condé de la cour. Le duc de Bouillon en fit de même et perdit ainsi tous ses titres d’honneurs et de dignité. Les décisions prises par le duc étaient soutenues par son épouse, qui s’engagea lourdement durant cet épisode historique grâce à la qualité de son réseau et de ses talents. Dès lors, elle apparut comme une adversaire redoutable aux yeux du cardinal Mazarin. Elle fut ainsi emprisonnée avec ses enfants dans sa propre maison, sur ordre de la reine par le sieur Carnavalet, lieutenant d’une compagnie de gardes du corps du roi, le 31 janvier 1650. Elle réussit cependant à s’en échapper le 23 mars 1650, mais elle fut retrouvée le 5 avril et emprisonnée à la Bastille. Sa détention fut utilisée comme moyen de pression pour raisonner son mari et le pousser à réintégrer la cour de France, ce qui fonctionna. Après sa libération, le 15 octobre de la même année, la duchesse put retrouver ce dernier à Amboise. A la fin de cette mésaventure, le duc et la duchesse de Bouillon récupèrent leurs titres de noblesse, permettant ainsi à leur fils Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne de devenir, à la mort de son père en 1652, le nouveau duc de Bouillon. 


Le duc de Bouillon : Grand Chambellan et Pair de France

Dans sa jeunesse, le duc de Bouillon eut une courte carrière militaire. En 1664, il partit combattre les turcs, puis prit part à la campagne de la Franche-Comté qui aboutira à la signature, en 1668, du traité de paix d’Aix-La-Chapelle. Son dernier fait d’arme fut de s’engager dans les premières actions pour la guerre de Hollande. 
A l'âge de 22 ans, en 1658, Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne, duc de Bouillon fut nommé à la charge de Grand Chambellan de France. Il était alors l’un des grands officiers de la couronne de France et donc l’un des personnages les plus importants de l’Etat. Il fut celui qui donnait la chemise au roi quand celui-ci s’habillait et celui qui le servait quand il était à table. Il semble également qu’il dormait dans la chambre du roi quand ce dernier était absent. La famille du duc garda ce titre jusqu’à la fin de la monarchie.
Ce rang permit au duc de Bouillon d’avoir de très bonnes relations avec Louis XIV. D’après Saint Simon, le duc de Bouillon avait contracté des dettes contre le roi et l’Etat, qui furent remboursées par sa Majesté même. D’autre part, le roi fut présent avec la reine au mariage du duc, mariage qui eut lieu dans l’hôtel de Soissons, plus précisément dans la Chapelle de la reine. D’après Saint Simon, Godefroy Maurice discutait avec le roi des démêlés qu’il avait avec son fils. Nous pouvons en conclure qu’une certaine proximité était née entre les deux hommes puisque le duc abordait des sujets très intimes avec son souverain. Saint Simon disait du duc « qu’il avait eu le mérite, de 50 années de domesticité et de familiarité » avec le roi. Louis XIV a alors réussi à garder la noblesse puissante auprès de lui pour mieux la contrôler, et à éviter une fronde qui avait pu l’effrayer enfant et auquel le père du duc avait participé. Un exemple idéal prouve cette démarche de la part du roi : il donna au duc un jour « faste » à l’occasion du serment de ce dernier concernant sa charge de Pair de France le 2 décembre 1665. En la présence du roi et celle de sa suite, le duc de Bouillon fut reçu au Parlement des pairs et ducs de France et prononça le serment de « se comporter comme un digne, sage, vertueux et magnanime duc et pair, office de la couronne et conseiller de la cour ». C’est ainsi qu’il reçut son épée et le titre de duc et pair de France. Ce titre est le plus élevé, celui que peut obtenir un membre de la noblesse dont le sang n’est pas royal. Le mot « pair » en latin signifie « égal en dignité », ce qui donne le droit de siéger au Parlement de Paris (soit le Grand Conseil). 
Soulignons également le fait que Louis XIV envahit le Luxembourg et l’évêché de Bouillon en 1675. Ce territoire constitua alors pour Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne une principauté : le duché de Bouillon. Il le conserva jusqu’à sa mort. La possession du duché fut confirmée en 1679 par le traité de Nimègue.
Ainsi, le duc de Bouillon est à la fois un personnage important de la cour, de l’entourage du roi, symbole de l’évolution de l’ancien régime et de son époque. Son hôtel versaillais avait donc une existence stratège (proche du château, d’une richesse opulente et donc symbole de son importance et de ses privilèges au sein de la cour), mais aussi pratique 


Le mariage de Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne et de Marie-Anne Mancini :

Godefroy Maurice de La Tour d’Auvergne se maria le 22 avril 1662 , avec Marianne (ou Marie-Anne) Mancini (1649-1714), la plus jeune des nièces de Jules Mazarin. Cette union fut décidée par la reine mère Anne d’Autriche. A la mort du cardinal en 1661, la jeune Marianne alors âgée de 13 ans n’était, en effet, promise à aucun homme. L’évêque Ondédei, ami de la famille des Bouillon, employa dès lors son savoir-faire auprès de la reine pour lui indiquer que le futur duc serait un très bon parti. Ce mariage fut célébré par de grandes fêtes. D’après l’ouvrage « Marie-Anne Mancini duchesse de Bouillon » de Léon Petit, le duc de Bouillon fut amoureux de sa femme jusqu’à la fin de sa vie, et sa présence lui était nécessaire : « Le duc sans sa femme était un corps sans âme » nous rapporte Primi Viscorti. Citation étonnante lorsque l’on sait que tous les courtisans de leur entourage indiquaient pourtant que les époux menaient une vie séparée d’un accord tacite qui ne devait troubler leur mariage. En effet, le couple ne se voyait qu’une à deux fois par an, lorsque madame la duchesse de Bouillon se présentait à Versailles. Le duc devait de fait résider à proximité de la chambre du roi, en raison de sa fonction de Grand Chambellan de France, tandis que Madame résidait dans leur hôtel quai Malaquai, à Paris. Mais cela n’eut visiblement aucun incident sur l’affection que lui portait le duc de Bouillon. Pour exemple, l’affaire des poisons de 1680, dans laquelle fut inculpée la duchesse de Bouillon n’eut raison de lui. Son mari, convaincu de son innocence, prit la parole durant son interrogatoire à la chambre ardente pour la disculper aux yeux de toute l’Europe.
De cette manière, le duc de Bouillon eut un mariage riche en émotion (voir l’article sur Marie-Anne Mancini) au vue de sa belle-famille, de la personnalité de son épouse. Toutes ses personnalités ont sans doute visité l’Hôtel de Bouillon, témoins de l’histoire du couple.


La descendance du duc et de la duchesse de Bouillon

Malgré cette union à distance, le couple eut tout de même dix enfants : cinq fils et cinq filles. Comme leurs parents et arrières-grands-parents, les enfants du couple Bouillon eurent leur place dans l’Histoire de la France, grâce à leur carrière politique, militaire, ou par leurs mariages. 
Le premier, Louis Charles de La Tour d’Auvergne (1665-1692), était destiné à être le prochain duc de Bouillon. Cependant, ce dernier mourût jeune des suites de ses blessures reçues à la bataille de Steinkerque. Il n’eut donc jamais le privilège d’obtenir le titre de son père. 
Le deuxième fils, Emmanuel Théodose (1668-1730), obtint à la mort de son père le titre de duc de Bouillon et permit ainsi à la famille des La Tour d’Auvergne de perpétuer jusqu’en 1802, soit jusqu’à la mort de son arrière-arrière-petit-fils Jacques Léopold (1746-1802). 
Parmi les enfants de Godefroy Maurice de la Tour d’Auvergne, beaucoup furent morts-nés ou décédés très tôt dans leur jeunesse. Mais parmi ceux qui se sont inscrits dans l’Histoire, nous retrouvons notamment Frédéric-Jules (1672-1733) et Louis-Henri de La Tour d’Auvergne (1679-1753), pour leur carrière militaire et politique. Enfin, d’autres de leurs enfants permirent à la famille de Bouillon de faire des alliances avec de grandes familles. Ce fut notamment le cas de leur septième enfant, Louise-Julie (1679-1750), dite mademoiselle de Château-Thierry, qui fut mariée à François-Armand de Rohan-Guéméné (1682-1717) et devint alors princesse de Montbazon.



Bibliographie : 

Levy Claude et HENRY Louis, Population, revue de l’institut national d’études démographique, « Ducs et pairs sous l’Ancien Régime. Caractéristiques démographiques d’une caste », ed. de l’I.N.E.D, Paris, 1960 
Vergnes Sophie, Braver Mazarin. La duchesse de Bouillon dans la Fronde, ed. Belin, 2011
RENEE Amédée, Les nièces de Mazarin études de mœurs et de caractères au XVIIIe siècle, Paris, 1857
Saint-Simon et Ravroy Louis de, Mémoires complet et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la Régence. 
Deruelle Roger, Grandeur et décadence de la Maison de Bouillon, 1974
Petit Léon, Marie-Anne Mancini duchesse de Bouillon, ed. Cerf-Volant, 1970

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24 November 2021

Acheter chez un antiquaire

L’antiquaire est un professionnel vendant des objets et des meubles usagés. Bien qu’il n’existe pas véritablement de diplôme exclusivement dédié à la formation au métier d’antiquaire, cette profession reste malgré tout réglementée. Ainsi, si chacun est libre de s’auto-proclamer antiquaire, personne n’échappe aux obligations légales inhérentes à la profession. Acheter chez un antiquaire c’est donc acheter dans un cadre soumis à la loi de manière à protéger acheteurs et vendeurs. Ces obligations légales consistent notamment en une immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS) et à la tenue d’un registre de police paraphé par le commissaire de police ou par le maire de la commune dans laquelle l’antiquaire est installé. Dans ce livre de police figure chaque objet acheté et destiné à être vendu par l’antiquaire. Ce livre de police permet ainsi de retracer chaque objet, chaque vendeur, chaque achat et témoigne de la bonne foi de l’antiquaire notamment en cas d’achat d’oeuvre volée ou afin de lutter contre le blanchiment d’argent. Ce registre peut être contrôlé par les services de police et les services fiscaux. L’antiquaire se doit donc de l’avoir toujours près de lui notamment en cas de participation à des foires ou évènements en extérieurs qui peuvent faire l’objet de contrôle. Si ces obligations sont également applicables aux brocanteurs, les antiquaires se démarquent par leur expertise des objets et meubles. 
En effet, un brocanteur ou un non-professionnel (durant un vide-grenier par exemple) vendent sans garantie d’authenticité. À l’inverse, l’antiquaire doit s’assurer de l’authenticité de ses marchandises, de leur valeur. Il est ainsi capable d’identifier les objets, leur style et leur histoire. C’est pourquoi pour chaque objet, la galerie Pellat de Villedon entreprend des recherches approfondies pour réunir toutes les informations nécessaires à une expertise de qualité. Par ailleurs, contrairement aux brocanteurs, les antiquaires sont amenés à entreprendre des travaux de restauration et de remise en état. Afin de conserver au maximum l’état initial et authentique des oeuvres, la galerie Pellat de Villedon n’entreprend de tels travaux que lorsque l’oeuvre nécessite de l’entretien ou une réparation pour garder sa valeur et son aspect originaires. 
Par ailleurs, la galerie Pellat de Villedon est membre du Syndicat national des antiquaires (SNA). Ce syndicat protège et promeut la profession d’antiquaire à travers ses membres qui constituent un réseau de professionnels reconnus qui exercent dans le respect des règles légales et déontologiques. 

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18 November 2021

La fiscalité des oeuvres d'art

Si vous cherchez à investir, l’acquisition d’oeuvres d’art permet de diversifier son patrimoine en y ajoutant une dimension esthétique et culturelle tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse non-négligeable. 

En effet, la détention d’oeuvre d’art et objets d’antiquité n’est pas taxée au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et est exonérée de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ce qui en fait un investissement particulièrement attractif. 
Cette fiscalité douce s’étend à la cession de ces oeuvres d’art. Les particuliers sont effectivement exonérés de la taxe forfaitaire à la revente pour les objets d’art, d’antiquité et de collection de moins de 5 000  euros leur permettant ainsi de profiter pleinement de la plus-value réalisée par la revente. Ce seuil de 5 000 euros s’apprécie objet par objet sauf s’il est considéré que les objets cédés constituent un ensemble.
 
Une telle exonération s’applique également lorsque les cessions sont effectuées au profit de musées, bibliothèques publiques ou services d’archives. 
Néanmoins, si le montant de la cession que vous voulez effectuer dépasse le seuil des 5 000 euros, vous bénéficierez là encore d’un régime fiscal favorable puisque vous pouvez choisir votre régime de taxation entre la taxe forfaitaire ou le régime des plus-values. La taxe forfaitaire est proportionnelle au prix de cession de l’oeuvre tandis que le régime des plus-values entraine une imposition sur la plus-value réalisée entre le prix d’acquisition de l’oeuvre et son prix de revente. Le régime de la plus-value semble particulièrement avantageux puisqu’il prévoit un abattement de 5% par année de détention de l’oeuvre au delà de la deuxième année de détention. Ces abattements entrainent finalement une exonération totale d’impôt après 22 ans de détention. Il est donc préférable de prêter attention aux deux régimes proposés avant d’effectuer une cession, le régime des plus-values ne devant pas être négligé en cas de possession de l’oeuvre à céder depuis plusieurs années. 
Enfin, depuis la loi Malraux du 31 décembre 1968 les oeuvres d’art font l’objet d’un régime exceptionnel de dation en paiement. Elles peuvent en effet être utilisée  afin de s’acquitter de droits de succession ou de donation. Pour que la dation en paiement ait lieu, les oeuvres d’art doivent être remises aux pouvoirs publics. Cependant, il est nécessaire de savoir que l’acceptation de la dation en paiement par les pouvoirs publics n’est pas automatique. L’État acceptera la dation en paiement en se fondant sur la qualité artistique de l’oeuvre proposée mais également sur les oeuvres similaires pouvant déjà se trouver au sein des collections publiques. 
C’est pourquoi il est recommandé au particulier souhaitant effectuer une telle opération de s’entourer d’experts pouvant évaluer la qualité artistique du bien dont il est question mais également de conservateurs de musée qui sont à même d’évaluer l’intérêt potentiel de l’objet pour les collections publiques. 
Ainsi, les oeuvres d’art représentent un investissement incontournable par leur fiscalité douce, leur bon rendement et leur dimension culturelle. En plus de procurer un plaisir esthétique elles constituent un investissement d’avenir favorable aux contribuables. 

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12 November 2021

La circulation des biens culturels et des trésors nationaux

Dans l’exercice de leur métier, les antiquaires et autres marchands d’art sont amenés à rencontrer divers oeuvres d’art susceptibles d’être soumises à un régime juridique bien particulier : celui des biens culturels mais aussi, dans des cas bien plus rares, celui des trésors nationaux.  
Dans le cadre de lutte contre le vol ainsi que le traffic illicite des biens culturels qui s’inscrit dans un objectif plus large de préservation et protection du patrimoine, ces deux catégories de biens sont soumises à une réglementation quant à leur sortie du territoire national français. Cette règlementation à l’exportation s’applique aux professionnels comme aux particuliers, elle intéresse donc autant les amateurs d’art que les spécialistes. 


Qu’est-ce qu’un trésor national ? 

Les trésors nationaux sont définis à l’article L.111-1 du Code du patrimoine. Cette définition, très large, englobe notamment les objets appartenant aux collections publiques, les biens classés aux monuments historiques et les biens considérés comme d’intérêt majeur pour le patrimoine national. De part cette définition ample et ouverte, tout type d’oeuvre peut potentiellement être qualifiée de trésor national. C’est ainsi que l’on retrouve parmi les trésors nationaux le mobilier de salon de Madame Récamier conservé au Louvre ou encore deux statuettes représentant Saint Jean et la Synagogue provenant d’une Descente de croix qui se trouvent également au Louvre. 
Par ailleurs, une oeuvre peut devenir un trésor national à un instant t même si auparavant elle ne pouvait être qualifiée comme telle, l’oeuvre peut donc développer les conditions nécessaires à la qualification de trésor national au fil du temps. Une telle qualification a des conséquences que se doit de connaitre tout détenteur d’une telle oeuvre. En effet, les biens qualifiés de trésors nationaux ne peuvent sortir du territoire national que de manière temporaire et pour des raisons spécifiques. Ces biens sont donc soumis à une obligation de retour sur le territoire français. Ainsi, un trésor national peut circuler en dehors du territoire dans l’optique de restauration, d’expertise, de participation à une manifestation culturelle, d’exposition ou encore de dépôt dans une collection publique (ART.L.111-7, Code du patrimoine). Par ailleurs, une telle sortie est soumise à autorisation de l’autorité administrative mais aussi à pénalisation en cas de non-respect de la décision administrative ou de ses conditions (notamment la durée autorisée). 

Les meubles, objets, oeuvres répondant à la qualification de trésor national se rencontrent moins fréquemment que les biens culturels qui sont plus nombreux à circuler sur le marché de l’art. 


Qu’est-ce qu’un bien culturel ? 

Les biens culturels désignent les oeuvres qui ne sont pas des trésors nationaux et qui correspondent à diverses catégories de biens telles que les antiquités nationales, les objets archéologiques, les tableaux et peintures etc. Les biens culturels sont donc fréquemment rencontrés sur la marché de l’art, tout amateur en possède. La législation à l’exportation de ces biens est plus souple que celle concernant les trésors nationaux. En effet, un bien culturel peut sortir du territoire national afin d’être restaurer, expertiser, éventuellement vendu, etc. Cette sortie du territoire peut parfois nécessiter l’obtention d’un certificat d’exportation. Afin de savoir si un bien culturel peut sortir du territoire avec ou sans certificat, il est nécessaire de se reporter aux seuils de valeurs du décret n°2020-1718. Si le bien dépasse le seuil de la catégorie à laquelle il appartient, l’obtention d’un certificat sera nécessaire à sa sortie du territoire. Ainsi, des tableaux et peintures dont la valeur est supérieure à 300 000 euros devront bénéficier d’un certificat d’exportation pour circuler en dehors du territoire. C’est pourquoi nous avons dû effectuer une demande de certificat d’exportation pour une tapisserie de la Manufacture royale des Gobelins illustrant le thème des « chasses de Maximilien ». Les propriétaires de biens culturels se doivent donc simplement de se renseigner sur les seuils d’exportation correspondant à leurs biens avant d’entreprendre une exportation européenne ou non-européenne. 
 

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16 July 2021

Assurer ses oeuvres d'art

Collectionneur, galeriste ou antiquaire, pour toute personne en possession d’oeuvres d’art se pose la question de la protection de ces dites oeuvres. Cette part de votre patrimoine risque en effet de nombreux et divers endommagements en plus d’un risque de vol. Plusieurs types de contrat permettent aujourd’hui d’assurer les oeuvres d’art. Il est primordial, en tant qu’amateur ou professionnel d’art, de comprendre les différentes solutions proposées pour choisir la plus adaptée à son patrimoine artistique.  

Il est tout d’abord possible de se contenter d’un « contrat multirisque habitation » qui protège la résidence de l’assuré ainsi que le mobilier qui s’y trouve contre les sinistres tels que les incendies, les dégâts des eaux mais aussi le vol, etc. Quant à la protection des oeuvres d’art dans un tel contrat, il est fréquent qu’un plafond de valeur soit fixé, plafond au delà duquel l’assurance ne protège plus. 
Dans ce contrat, en cas de dommages ou de vol, c’est à l’assuré d’apporter la preuve de l’existence et de la valeur des biens endommagés ou volés afin de bénéficier des garanties offertes par l’assurance. Cette solution semble adaptée en dessous d’une certaine valeur des oeuvres à protéger. Il est par ailleurs nécessaire que l’assuré prépare, dès la conclusion du contrat, ce qui est requis par l’assureur pour bénéficier d’une indemnisation en cas de sinistre. 
Chez certaines compagnies d’assurance, il existe également des contrats multirisque habitation « haut de gamme » qui couvrent plus de risques et élèvent le plafond d’indemnisation. Ce contrat, plus avantageux sur le plan des garanties offertes, est réservé aux particuliers possédant un patrimoine mobilier supérieur à 300 000 euros. En revanche, il appartient également ici à l’assuré de prouver l’existence et la valeur de ses biens en cas de sinistre. L’assuré doit donc prendre ses précautions lors de la conclusion de contrat de ce type et se préparer à fournir le nécessaire pour être indemnisé si besoin est. 

Il est également possible de souscrire à des contrats spécifiques à la garantie des objets précieux et de valeur comprenant ainsi les oeuvres d’art et les bijoux. Ces contrats sont créés et dédiés à l’assurance des oeuvres d’art et paraissent de ce fait, mieux adaptés que les précédents. Ces contrats spécifiques peuvent être conclus en valeur déclarée ou en valeur agrée. 
Dans un contrat d’assurance en valeur déclarée c’est à l’assuré de se renseigner sur la valeur de ses biens afin de communiquer cette valeur à l’assureur. Ce dernier n’indemnisera pas au delà de la valeur globale des biens figurant dans le contrat. Ce type de contrat est pratique car l’assuré n’a pas à apporter la preuve de la valeur de ses biens pour conclure le contrat d’assurance mais il devra l’apporter pour bénéficier de sa protection en cas de sinistre. C’est donc un contrat rapide et plutôt facile à conclure. En revanche, en cas de sinistre, l’assuré devra apporter la preuve de l’existence et de la valeur de ses biens pour être indemnisé. Comme pour les précédents contrat, le contrat à valeur déclarée peut potentiellement mener à des conflits entre l’assureur et l’assuré quant à l’indemnisation et son montant en cas de sinistre. Il est donc conseillé au souscripteur d’un tel contrat d’anticiper ces potentiels conflits en se prémunissant dès la conclusion du contrat des preuves requises pour bénéficier d’une indemnisation optimale. 
À l’inverse, la conclusion d’un contrat à valeur agréée prend plus de temps. En effet, ce dernier nait de l’accord entre l’assureur et l’assuré sur l’existence et la valeur des biens que le souscripteur souhaite protéger et inclure dans le contrat. Ainsi, en cas de sinistre l’assuré n’a pas à apporter la preuve de l’existence et de la valeur des biens comme dans les contrats précédents puisque ces preuves sont déjà présentes au sein du contrat lui-même. L’assuré est alors indemnisé sur la base d’estimations réalisées par un expert lors de la conclusion du contrat. 
À l’égard de la fluctuation du marché, cette estimation doit être régulièrement révisée. À titre d’exemple, il est recommandé d’estimer l’art contemporain tous les deux ans. Le contrat à valeur agréée est donc extrêmement protecteur. En effet, en cas de sinistre, il est moins probable qu’un conflit naisse quant à l’indemnité que doit reverser l’assureur à l’assuré puisque ces derniers se sont entendus préalablement à ce sujet. 

17/06/2021

Source : DURET-ROBERT, François, Droit du marché de l’art, Dalloz, 2020. 

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