Fauteuil à coiffer d'époque Louis XV, estampillé Pierre Bara.

Fauteuil à coiffer en noyer d'époque Louis XV finement sculpté d'un décor naturaliste. Le dossier cabriolet aux formes chantournées laisse apparaître un creux en son centre destiné à recevoir la tête de la personne se faisant coiffer. Les accotoirs sont en retrait et les pieds se terminent par un sabot feuillagé qui accentue la touche rocaille déjà présente sur la ceinture et le haut du dossier.

Epoque Louis XV
Etat d'usage
H. 83  x L.  63,5 x P. 55 cm
 

4800 €

DESCRIPTION

Le fauteuil à coiffer apparaît dans un contexte très précis : celui de la transformation des usages de l'habitat aristocratique en France, ou les espaces privés prennent une importance nouvelle à partir de la fin du XVIIème siècle et surtout du XVIIIème siècle.

Dès la fin du règne de Louis XIV, la toilette devient un rituel social structuré, souvent public à la cour de Versailles. La coiffure se fait alors debout ou sur des sièges peu spécialisés et les premières chaises adaptées apparaissent dans des cabinets de toilette privés mais ne sont pas encore destinées uniquement à la coiffure. Le véritable développement du fauteuil à coiffer se fait sous Louis XV (1715–1774), période où l'intérieur devient plus intime et féminin. La toilette se fait désormais loin des espaces publics de représentation et l'on recherche d'avantage le confort et la praticité.

Le fauteuil à coiffer devient alors un siège spécifique avec une assise plus basse pour faciliter le travail du coiffeur, un dossier enveloppant de type cabriolet et une structure plus légère pour déplacer facilement le siège devant les miroirs. Sous Louis XV, les fauteuils de jardin ont la même utilité, mais s'adaptent au goût du jour avec les codes du rococo : bois sculpté, décor de fleurs, coquilles et feuillages et impression de légèreté et de mouvement. L'usage de ce fauteuil disparaîtra progressivement après la Révolution ou la toilette devient plus simple et moins codifiée.


Pierre Bara reçoit sa maîtrise le 28 juin 1758. Son atelier continue de prospérer encore en 1768. il signe avec de grandes lettres irrégulières sur des sièges Louis XV de bonne qualité, moulurés ou ornés de quelques fleurettes. Certains de ses fauteuils cabriolets présentent tant au dossier qu'à la ceinture des lignes originales un peu saccadées faites de courbes interrompues. On connaît aussi de ce menuisier des sièges à décor ouvragé rappelant parfois le style de la régence tel le fauteuil bas canné, à haut dossier, du musée Jacquemart-André d'Ermenonville.

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