Bonheur-du-jour de milieu d’époque Transition attribué à Charles Topino
En marqueterie de sycomore et bois de rose sur fond de bois de violette. Le décor représente des guirlandes de fleurs, des vases, des tasses, encriers et d’autres objets qui évoquent une inspiration toute asiatique. Galerie à découpe mouvementée marquetée d’ustensiles en bois clairs et ébène sur un fond de bois violet, et bordé d’un liseré. Le gradin ouvre à deux portes encadrant une niche et trois fins tiroirs décorés d’une guirlande de fleurs de jasmin. La partie inférieure ouvre à un tiroir central formant un écritoire doté un cuir rouge. Le plateau à découpe de forme contournée est orné de divers motifs tels cartes à jouer, flacons, urne, encrier. L’ensemble repose sur quatre hauts pieds cambrés réunis par une tablette d’entretoise à la marqueterie de pinceaux, vase fleuri, tasse et théière. Ils sont terminés par de fins sabots en bronze ciselé et doré. Au XVIIIe siècle, la fascination pour l’Orient, tout comme l’attrait pour des boissons alors en vogue telles que le thé, le café et le chocolat, s’exprime dans l’ornementation de ce meuble. La marqueterie, au style volontairement naïf, met en scène des objets du quotidien tout en s’inspirant des motifs encadrant les panneaux de laque de Coromandel. Conçu pour un usage féminin, le bonheur du jour servait à organiser et conserver divers effets personnels, comme des lettres, des papiers, des rubans ou encore des bijoux, reflétant ainsi les habitudes de la vie courante. Epoque Transition Etat d'usage H.109 x L. 68 x P. 40 cm
29500 €
DESCRIPTION
Un modèle identique est reproduit en page 843 de l’ouvrage de Pierre Kjellberg sur Le Mobilier français du XVIIIe siècle (Éditions de l’amateur, 2002) et un autre est conservé au château de Champs-sur-Marne. Sans doute originaire d’Arras, Charles Topino démarre sa carrière comme ouvrier libre du Faubourg Saint-Antoine à Paris. Il est le frère du marchand-ébéniste Jean-Baptiste, connu sous le pseudonyme de Lebrund et le neveu du peintre Topino-Lebrun. Maître en 1773, il est appelé en 1782 à la charge de député de la jurande des menuisiers-ébénistes. Reconnu en France et à l’étranger, Topino attire une nombreuse clientèle de marchands-merciers et de confrères ébénistes comme Boudin, Migeon ou encore Delorme mais aussi de seigneurs français comme le marquis de Graville. Au premier rang des petits maîtres de son siècle, sa production se caractérise par des œuvres très personnelles et très reconnaissables, qui appartiennent essentiellement aux styles Transition et Louis XVI. Les marqueteries, décorées de vases de fleurs, écritoires et divers ustensiles, tels que des tasses, des théières, des jattes - présentées à la manière de natures mortes - ou encore des cartes de jeux et des livres constituent les éléments les plus caractéristiques de ses meubles. Elles s’inspirent le plus souvent des bordures de paravents chinois en laque de Coromandel qui emploient ces mêmes motifs. Réunis dans un compartiment ovale, rond, carré ou disposés en frise, les décors sont très généralement vus de profil et leur découpe, très simple, nécessite un petit nombre de morceaux de bois repris au burin pour les détails. On les trouve sur des petits meubles Transition, pour lesquels Charles Topino marque une nette préférence, principalement sur des bonheurs-du-jour et sur des petites tables de salon. Parmi les bonheurs-du-jour, il réalise principalement ses modèles sous une forme classique, de plan rectangulaire mais aussi quelques modèles de forme ovale qui constituent une nouveauté du genre qu’il affectionne particulièrement. Fréquemment ovales, elles aussi, les tables marquetées d’objets usuels comportent, dans la plus grande partie des modèles, un tiroir au centre de la ceinture et, sur les côtés, deux petits tiroirs qui pivotent.
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