Commode laquée d'époque Louis XIV
Cette commode présente un décor laqué polychrome, orné sur le plateau, la façade et les côtés de guirlandes de fleurs, de vases fleuris, d’oiseaux et de rubans noués, encadré par des filets à écoinçons. Elle ouvre par trois rangées de tiroirs , séparées par des traverses. Les ornements sont en bronze doré et ciselés en poignées de tirage, entrées de serrure et sabots. Provenance manufacture des Gobelins. Il s’agit d’un travail parisien de la fin de l’époque Louis XIV, environ de premier quart du XVIIIᵉ siècle. Etat d’usage ; accidents. H. 79 x L.109 x P. 63 cm Provenance : Biennale des Antiquaires, Carrousel du Louvre, du 10 au 21 novembre 1994, collections particulières.
68000 €
DESCRIPTION
Cette commode mazarine en bois de résineux présente une façade en arbalète, ouvrant par trois tiroirs. Le plateau en bois est richement décoré de fleurs, d’oiseaux, de bouquets et de guirlandes qui convergent vers une vasque fleurie en son centre. L’ensemble est encadré d’un filet doré chantourné. Les montants décorés se détachent du meuble dans un jeu de courbes et contre-courbes. Les côtés rectangulaires présentent un riche décor polychrome avec une prédominance de doré dans les filets, une couronne de fleurs entourée d’un entrelacs doré finement peint et détaillé. Les tiroirs sont extrêmement ornés de guirlandes retenues par des boutons de fleurs et nouées par des rubans roses. Chaque fleur est finement détaillée et vivement colorée. Ornementation en bronzes ciselés et dorés au mercure dont des poignées de tirage ballantes godronnées, entrées de serrures à mascarons, sabots de pieds de cervidés surmontés d’une feuille d’acanthe. Ainsi en raison de sa rareté de son décors et du soin apporté à sa confection, nous pouvons affirmer que notre commode est d’une qualité pour le moins exceptionnelle. Cette commode se distingue comme l’un des rares exemples de mobilier français laqué datant du début du XVIIIᵉ siècle. En 1713, Jacques Dagly (1669–1729), originaire de Spa, issu d’une famille de vernisseurs, ouvre un atelier de laque à Brandebourg avant de rejoindre son frère pour développer la société familiale. Celle-ci deviendra très prospère et particulièrement productive. Il fut probablement le premier à réaliser en France des chinoiseries laquées d’une qualité nettement supérieure à celle de ses contemporains. Installé à Paris, il fonde la société des Vernis des Gobelins avec Claude Aubran III et Pierre de Neufmaison. Le Conseil d’État autorise alors le vernis des Gobelins à être appliqué sur tout type de support, cuir, laine, soie, étoffes pour une durée de vingt ans. Dagly prend ensuite la direction de l’atelier des « Ouvrages de la Chine » au sein de la prestigieuse Manufacture des Gobelins. Parallèlement, Louis-Henri, duc de Bourbon-Condé (1692–1740), établit à Chantilly, au cours de la première moitié du XVIIIᵉ siècle, un atelier consacré à la création de meubles laqués, contribuant ainsi à l’essor de cet art raffiné en France. Dès le XVIᵉ siècle, la passion pour les fleurs s’inscrit dans l’univers de la collection. Animés d’un désir souvent insatiable, les amateurs cherchent à multiplier les variétés, à acquérir les spécimens les plus rares, voire des exemplaires uniques, nourrissant ainsi une passion que rien ne peut véritablement combler. Le paradoxe réside dans le fait que l’objet même de leur quête est par essence éphémère. Dès lors, beaucoup de collectionneurs éprouvent la nécessité de conserver une trace tangible de leurs acquisitions, reflet à la fois de leur collection et du savoir qu’elle incarne. Au début du XVIIᵉ siècle, le développement des jardins et la classification des plantes favorisent l’essor de la botanique, largement diffusée grâce à l’estampe et aux premiers recueils illustrés. Ces ouvrages, manuscrits ou imprimés, répondent à divers usages selon leurs commanditaires : certains collectionneurs souhaitent conserver la mémoire de leurs jardins éphémères sous forme de florilèges. Les collections de Gaston d’Orléans, enrichies par les vélins de Jean Joubert, rejoignent ensuite celles de Louis XIV. Pour ce dernier, le jardin devient un instrument de prestige : il se présente à la fois comme collectionneur et mécène des sciences et des arts. Sous l’impulsion de Colbert, le Jardin du Roi et ses peintres en miniature réalisent un ambitieux « Livre de la Nature », projet dépassant le simple florilège pour s’inscrire dans une véritable politique de glorification royale.
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