Rare chaise Louis XV cannée
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Description du produit

Rare Chaise  cannée d’époque Louis XV à la reine reposant sur quatre pieds galbés se terminant par des pieds dits en escargot. L’assise est mouvementée et de forme arrondie et présente en ceinture une riche sculpture de feuilles encadrant en façade une grenade éclatée. Le haut des pieds est décoré de feuilles d’eau. Le dossier quant à lui est également mouvementé et mouluré sur son pourtour. La traverse haute du dossier reprend le même motif de grenade éclatée sur la ceinture et est encadré par un très léger épaulement sculpté de feuilles d’acanthe.

Epoque Louis XV, vers 1740

Attribuée aux menuisiers Etienne Meunier ou Louis Cresson. Deux modèles quasiment identiques sont reproduits dans l’ouvrage de Pierre Janneau « Le mobilier français – les sièges ». Il s’agit d’un fauteuil estampillé de Louis Cresson et une chaise d’Etienne Meunier.

Etat d’origine parfait, cannage de l’assise à refaire, repeinte postérieurement

H. 94 x L. 55 x P. 46 cm

La chaise laquée de notre étude est d’une qualité particulièrement remarquable. Le modèle, les motifs décoratifs de la sculpture et la datation sont d’autant d’éléments passionnants.  La chaise présente une esthétique du début du XVIIIe siècle : l’épaulement du dossier (bien qu’il soit faible) et les pieds en rouleau (pieds tournés vers l’intérieur) sont des éléments caractéristiques du style Régence.

Dans le même temps, de nombreux détails innovateurs contrastes avec ces éléments archaïsants. Il n’y a rien d’étonnant à ce mélange puisque les styles évoluent de manières progressives : ceci rend donc ce siège très intéressant pour tous les amateurs d’arts décoratifs français.

Le motif de grenade éclatée (fruit dont la fente laisse apparaître les grains) est utilisé pour les ouvrages du début du style Rocaille (plus nous avançons vers le milieu du siècle, plus les menuisiers modernistes voudront présentés une certaine sobriété en commençant par de simples fleurettes). Par ailleurs, pour les sièges des années 1740-1755, la ceinture et la traverse haute du dossier présentent un ornement de même caractère d’après Guillaume Janneau : ici il s’agit de cette dite grenade.

Outre ces détails, cette chaise correspond tout à fait à la définition du Rocaille donnée par Bill Pallot dans son livre étudiant le siège français. Le Rocaille emploi systématiquement la courbe : que ce soit pour l’assise, le dossier ou les pieds, notre chaise est mouvementée. Le Rocaille présente un excès d’ornement : chacun des traverses et montants sont moulurés et sculptés de motifs inspirés de la nature, ces derniers se déforment et s’éclatent. Le Rocaille cherche à nier la structure et les assemblages du bâti : sur notre siège nous pouvons observer notamment sur l’assise que la sculpture est en continuité sur tout le pourtour de la ceinture.

En ce qui concerne la garniture de la chaise que nous présentons, il s’agit ici de cannage. Le cannage devient très à la mode dès les années 1720-1730 et se poursuit également pendant le règne de Louis XV.

En plus d’être une chaise caractéristique de la première moitié du XVIIIe siècle, il s’agit principalement d’un modèle d’une excellente qualité. Il est donc légitime de nous demander qui en est l’auteur. L’obligation d’estampiller pour les ébénistes et menuisiers n’intervient qu’à partir de 1743 (mais la loi ne s’exécute qu’à partir de 1751), il n’est donc pas surprenant de constater une absence d’estampille. Cependant, certains menuisiers estampillaient déjà avant la publication de la loi. Ainsi, quelques sièges ont pu nous aider dans l’attribution de cette oeuvre. C’est le cas d’une chaise et d’un fauteuil reproduits dans l’ouvrage de Guillaume Janneau (« Le mobilier français – les sièges »). Ces deux sièges sont quasiment identiques au nôtre (la différence principale se concentre dans les pieds qui sont tournés vers l’extérieur et qui sont reliés par une entretoise). L’un est estampillé par Etienne Meunier et l’autre est estampillé par Louis Cresson. Ces deux artisans habitaient rue de Cléry tout comme Jean-Baptiste Tilliard. Cette rue de Cléry est un véritable foyer de création et a vu naître de nombreuses innovations. Ce village de menuisiers permettait des échanges sans précédents d’idées, voir même d’importantes influences comme nous le prouve ces deux sièges identiques mais estampillés par deux artisans différents. Il est certains que la chaise de notre étude ait été réalisée par l’un de ces deux menuisiers. Dans tous les cas, il s’agit de deux artisans jouissant d’une grande notoriété et connus pour leur travaux de très grande qualité.

Sources :

Janneau (Guillaume), Le mobilier français – Les sièges, Vincent – Fréal et Cie – Editeurs

Pallot (Bill), L’art du siège au XVIIIe siècle, ACR – Gismondi éditeurs

KJELLBERG (Pierre), Le mobilier français du XVIIIe siècle – Dictionnaire des ébénistes et menuisiers, Les éditions de l’amateur.

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