etienne doirat
Commode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne DoiratCommode attribuée à Etienne Doirat

Description du produit

Commode de forme mouvementée en placage d’acajou et de bois de palissandre ouvrant sur trois rangs de tiroirs dont le premier rang est composé de deux tiroirs. Le placage forme un motif en pointe de diamant dans des encadrements de bois de palissandre dans des réserves en acajou. Les côtés sont également décorés de ces mêmes bois et motifs.

Les montants sont agrémentés de chutes de pieds en bronzes ciselés et dorés en espagnolettes représentant des visages féminins, des tiges enrubannées de feuillages et de sabots de pieds feuillagés et godronnés.

Les façades de tiroirs ainsi que les côtés sont décorés d’encadrement en bronze doré et ciselé orné d’écoinçons. Les deux tiroirs supérieurs sont décorés d’entrées de serrure simulées en fer à cheval ornées de coquilles et de feuillages. Les entrées de serrure au centre des trois tiroirs sont également en bronze doré et ciselé et sont ornées d’une coquille, de dauphins et de mascarons. Le tablier est agrémenté d’un bronze doré et ciselé représentant une coquille et des feuilles d’acanthe.

La commode est surmontée d’un marbre rouge de Rance mouluré en bec de corbin et suivant le pourtour du meuble.

Attribuée à l’ébéniste Etienne Doirat (1675-1732)

Epoque Régence

Restaurations d’usage

H. 81 x L. 130 x P. 65 cm

Le meuble de notre étude est une commode que nous pouvons dater de l’époque Régence. Plusieurs éléments nous donnent des indices quant à sa datation, mais également sur son auteur. En effet, malgré une absence d’estampille, nous pouvons aisément attribuer cette commode à l’ébéniste Etienne Doirat (1675-1732).

Il s’agit d’une commode dite en « esse » (appelée ainsi pour la forme de son bâti formant un « S »). Ce galbe en façade, sur les côtés et les montants indiquent que le style louisquatorzien n’est plus. Ces courbes affirmées sont le résultat d’une très grande technicité. Ce savoir-faire ne cesse de se developper et de se perfectionner dans ce premier tiers du XVIIIe siècle.

Par ailleurs, cette commode proposant trois rangs de tiroirs et un tablier proche du sol rappelle l’engouement des commodes volumineuses de ce début de siècle. Même si ce modèle persistera tout au long du XVIIIe siècle, c’est bien sous la Régence qu’elle est la plus appréciée.

La richesse des bronzes marque aussi la production de cette époque. En effet, ils ne sont pas seulement là pour renforcer la solidité du meuble, mais ont aussi un rôle décoratif. Les motifs à la mode sont inévitablement la coquille et l’espagnolette comme nous le prouve notre commode. De plus, c’est notamment grâce à ses bronzes que nous pouvons l’attribuer au talentueux ébéniste Etienne Doirat. Sa production est composée notamment de nombreuses commodes. Selon Jean Dominique Augarde, seules ses oeuvres tardives sont estampillées (rappelons que l’estampille n’est obligatoire qu’à partir de 1743). Ainsi, plusieurs commodes portant « sa signature » nous rappelle l’oeuvre de notre étude. C’est le cas du lot numéro 198 vendu à Drouot par l’étude Beaussant Lefèvre  le 11 juin 2010 ou bien le lot numéro 301 vendu par maître Sabourin à l’occasion de la vente du 30 septembre 2017 à Chatellerault. Certaines des espagnolettes sont exactement identiques et porte la « collerette ». Nous pouvons remarquer aussi le bronze formant une coquille en tablier que nous retrouvons sur la commode vendue en 2017.Ces similitudes ne peuvent être le fruit du hasard, car selon certains documents  d’archives, Etiennes Doirat avait l’exclusivité de ses bronzes (les fondeurs ayant le monopole de fabrication).

D’autre part, l’importance donné au frisage de la marqueterie ne peut que nous confirmer l’attribution à Etienne Doirat. Il appréciait particulièrement mettre en valeur les bois de placages, qu’il choisit avec soin parmi les essences les plus prestigieuses (telles que l’amarante, le bois de violette, le bois de rose ou encore le palissandre). Les pointes de diamant sont des motifs qu’il affectionne particulièrement.

Tant cette commode regorge de détails, que ce soit dans ses garnitures en bronze que dans ses jeux de fraisages, il nous est impossible de ne pas remarquer sa grande qualité.

Sources:

Kjellberg (Pierre), Le mobilier français du XVIIIe siècle, Les éditions de l’amateur

Demetrescu (Alain), Le style Régence, Les éditions de l’amateur

Augarde (Jean Dominique), Etienne Doirat – Menuisier en ébène, The J. Paul Getty Museum Journal Vol. 13

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