12 mars 2016

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Emmanuelle Hibernie

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Emmanuelle Hibernie

Jusqu’au 30 mai, le musée du Louvre met à l’honneur sous la pyramide un grand artiste du XVIIIe siècle : Hubert Robert (1733-1808). Cette exposition nous prouve que ce peintre célèbre pour ses vues de ruines fantasmées, était plus qu’en simple paysagiste. Homme des Lumières, dessinateur, graveur, professeur de dessin, peintre, créateur de décors et de jardins (comme celui de Méréville), conservateur du Muséum central des arts, futur musée du Louvre, Hubert Robert a embrassé plusieurs carrières.

08-522117Elisabeth Vigée Le Brun, Portrait du peintre Hubert Robert, 1788, huile sur toile, musée du Louvre. (C) DR.

En 1754, il part pour Rome avec le comte de Stainville, nommé ambassadeur de France dans la ville éternelle. Pensionnaire de l’Académie de France à Rome, il prend des cours de perspective avec Giovanni Battista Pannini, découvre l’atelier du graveur Piranèse. Avec son ami Fragonard, il sillonne la campagne et y croque les vestiges d’un passé glorieux. Ces dessins réalisés sur le motif constituent des sources d’inspiration pour toute sa carrière.

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Hubert Robert par lui même dessinant à Rome, sanguine, musée Carnavalet, Paris. – Vue pittoresque du Capitole, huile sur toile, Valenciennes, musée des Beaux-Arts de Valenciennes. (C) DR.

 

A son retour en 1765, sa réputation de peintre de ruines l’a précédé. En 1766, il présente à l’Académie royale de peinture, un caprice architectural : « Le Port de Ripetta à Rome ». La critique salue son talent. Il faut dire qu’en cette deuxième moitié du XVIIIe siècle, l’intérêt pour l’Antiquité ne fait que grandir. Les récentes découvertes de Pompéi et d’Herculanum alimentent cet engouement.

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La baignade et La balançoire, huile sur toile, The Metropolitan Museum of Art, New York. (C) DR.

Peintre d’architecture et de paysage, Hubert Robert s’invente un univers propre, combinaison entre réel et rêves mélancoliques. Les vestiges célèbres (Panthéon, Capitole, Hercule au repos…) vus au crépuscule et dévastés par le temps, le feu, l’homme et/ou la nature sont une évocation poétique d’un âge d’or qui n’est plus.

« Voyez pourtant, parmi cet écroulement de la civilisation, comment subsistent la statue d’Apollon et le buste de Raphaël. En homme du XVIIIe siècle, Hubert Robert reste convaincu que l’esprit et la beauté renaîtront… », propos de Guillaume Faroult, conservateur en chef et commissaire de l’exposition.

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Vue imaginaire de la grande galerie du Louvre en ruines, 1796, huile sur toile, musée du Louvre. (C) DR.

Ce passé révolu est en effet exhumé. Les statues et les monuments sont les témoins d’une civilisation disparue mais pas totalement perdue. Garde des tableaux du roi puis un des premiers conservateurs du Louvre, professeur de dessin, Hubert Robert fut un passeur de savoir, un protecteur des arts. Si son travail peut être lu au regard des événements historiques contemporains (la Révolution française durant laquelle il fut emprisonné) comme la peinture d’une grandeur déchue, on peut aussi y voir l’espoir d’une renaissance.

Le Louvre associé à la National Gallery of Art de Washington présente en 140 peintures, dessins, gravures, peintures monumentales, l’œuvre prolifique d’un artiste pétri de culture classique et créateur d’un univers onirique.

Projet d'aménagement de la Grande Galerie du Louvre en 1796, huile sur toile, musée du Louvre. (C) DR.

Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre en 1796, huile sur toile, musée du Louvre. (C) DR.