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Description du produit

Commode, vernis européen dans le goût de Coromandel, bronze doré et ciselé, dessus de marbre brèche d’Alep, estampillée : DELORME et JME, Adrien Faizelot-Delorme (mort en 1768), reçu maître le 22 juin 1748, vers 1750. Dim. (H x L x P) : 85 x 131 x 65 cm. Restauration et reprises au vernis, marbre cassé recollé, bronzes redorés au vernis. 

Europeen lacquer chest of drawers, giltbronze, brèche d’Alep marble, stamped DELORME and JME (died in 1768), master in 1748, circa 1750. (H x W x D) : 33,5 x 51,6 x 25,6 in. Restored (lacquer and marble, bronze regilted).

 

Cette commode présente une forme habituelle pour Delorme au milieu du XVIIIe siècle avec sa caisse bombée à deux tiroirs sans traverse, reposant sur des pieds cambrés, et recouverte de vernis européen façon de la Chine mis en valeur par une belle ornementation de bronze doré.

 

Afin de donner l’illusion qu’il s’agit bien de laque venu d’Extrême-Orient, l’ébéniste traite le vernis comme le laque. Il fait dessiner des contours dorés autour des « panneaux » qu’il feint d’avoir plaqué sur le meuble, ne met pas trop de bronzes sur la face pour ne pas couvrir les sujets principaux du vernis et fait laisser la part belle aux aplats de vernis noir sur les parties les plus fragiles du meuble, comme s’il avait voulu protéger les parties décorées en leur épargnant les bords de la caisse.

 

Une commode très similaire est conservée au musée de Cleveland (USA, legs de Mme Severance A. Millikin 1989.159).

 

Adrien Faizelot dit DELORME

 

Fils aîné de François Delorme (1691-1768) – installé rue Tiquetonne et spécialisé dans les meubles en laque de Chine ou vernis « façon de la Chine » – Adrien Delorme est issu d’une famille d’artisan qui a pour nom d’origine celui de Faizelot. Installé rue du Temple, il y exerce en qualité de fabricant et marchand de meubles. En août 1768, il est élu juré de la communauté des menuisiers-ébénistes. Les Almanachs de l’époque le présentent comme « l’un des plus habiles et des plus renommés pour les ouvrages de marqueterie ». Ses deux frères sont aussi ébénistes : le premier Jean-Louis Delorme (maître en 1763) qui se spécialise dans la restauration et la revente de meubles de boulle et le second Alexis (maître en 1772) qui se consacre au commerce de meubles rue Saint-Denis.

 

Son œuvre – qui atteste d’une grande fantaisie – se caractérise principalement par des commodes galbées réalisées dans le style Louis XV. Outre les commodes, Delorme réalise aussi des encoignures, des armoires, des bibliothèques ou encore des bureaux qu’il orne de décors de laque de Chine, du Japon, de vernis européens ou de marqueteries de fleurs ou géométriques. Ces compositions sont souvent complétées d’encadrements de rinceaux sinueux. Inscrits sur un fond de placage en chevrons de tons très contrastés, ces rinceaux constituent alors le décor favori d’Adrien Delorme. Parmi les motifs caractéristiques de l’ébéniste, on dénombre aussi une réserve rectangulaire marquetée de quadrillages circonscrite par un triple rang d’encadrements aux angles entrelacés ainsi qu’une disposition en étoile des placages unis.

 

Sa plus célèbre cliente est sans doute la marquise de Pompadour pour laquelle il réalisa un meuble vernis en bleu et poudré or par les frères Martin avec qui il collabora.

 

Adrien Delorme décide de mettre fin à son activité en 1783 et disperse son stock dans une vente aux enchères où figurent « quantités de commodes, coins, serre-papiers et bureaux, ornés de fontes dorées, à dessus de marbre et albâtre ».

 

Le vernis façon de la Chine

 

Dès l’époque de Louis XIV, on avait essayé de reproduire ces laques d’Extrême-Orient, notamment aux Gobelins et les vernisseurs sont nombreux qui, tout au long du siècle fabriquent des « vernis façon de Chine » et vantent le brillant, la solidité ou le « beau noir » de leurs ouvrages.

Les vernisseurs français ne se limitent pas cependant à reproduire leurs modèles orientaux. Dans le succès du meuble français du XVIIIème siècle, de grands merciers participent à la vente et même à la création, notamment Lazare Duvaux. A plusieurs reprises, parmi toute la « petite communauté » des marchands-merciers, 26 en 1758, qui ont favorisé le développement des laques et des vernis dans le mobilier, celui-ci livre des meubles de « vernis poli imitant le placage ». Il fait travailler les frères Martin et ces grands vernisseurs, dont l’établissement sera autorisé en 1748 à porter le titre de Manufacture Royale, contribuent plus que d’autres à créer un style original et français qui, sans renier la douceur et l’éclat de l’Orient, produit des ouvrages clairs dans le goût moderne que recherchent Louis XV, Madame de Pompadour, collectionneuse si passionnée de laque, et bien d’autres. Le livre- journal de Duvaux pour les années 1748-1758, édité par Louis-Charles Courajod, témoigne de l’incessante activité créatrice et commerciale de celui-ci auprès du roi et de son entourage.

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