4 mai 2018

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Vincent Pruchnicki

Vincent Pruchnicki

Musée des beaux-arts de Chartres

Le musée des beaux-arts de Chartres à rouvert ses portes. De crainte qu’elles ne se trouvent encore fermées, je m’y suis rendu récemment et ai relevé pour notre curiosité, trois chefs-d’oeuvres qui vous faut absolument aller voir, si ce n’est déjà fait.

Dans l’ancien évêché, les salons en enfilades du premier étage abritent quelques merveilles.

 

Pierre Gole

La première est chronologiquement, un bureau brisé extraordinaire attribué à Pierre Gole.

Sur fond d’ébène se détache la marqueterie Boulle d’étain et de laiton. Fait rarissime pour du mobilier (moins rare pour les écritoires contemporaines), cette marqueterie dessine sur le caisson central, les armes des commanditaires, faisant de ce meuble l’un des rares du XVIIe siècle dont on puisse connaître la provenance (à vos Rietstap et autres !).

Il semble que le meuble n’ait pas été modifié, et son piètement nous montre quelle était l’étendue de l’influence italienne dans les années 1670-1680, avec les putti sculptés et dorés, et les pieds en griffes de lion. L’entretoise est également très intéressante et sort des sentiers battus, si tant est qu’il y en ait, tant les pièces de cette époque reculée pour le mobilier, sont rares.

Ce meuble provient de la collection de Lucien Morel d’Arleux, qui le tenait de madame Meunié, sans doute une antiquaire.

Le Singe antiquaire

La seconde pièce qui m’a paru importante, est un charmant tableau de Jean-Siméon Chardin, « singeant » les « antiquaires » de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle, autrement dit les amateurs d’objets anciens, collectionneurs de curiosités romaines, pièces de monnaie etc. On comprendra tout de suite la raison de mon intérêt… Je le cherche en estampe…

Madame de Pompadour et Vaugondy

Enfin, la dernière pièce est en fait un ensemble d’une importance indéniable, tant pour les sciences que pour l’art rocaille et que pour l’histoire des collections, puisqu’il s’agit d’une paire de globes terrestre et céleste de Didier Robert de Vaugondy (géographe ordinaire du Roi), livrés au milieu du XVIIIe siècle à madame de Pompadour en son château de Créy (plus tard racheté avec son mobilier par le duc de Penthièvre). Ils furent placés après 1751 (date de parution des cartes) dans le cabinet bibliothèque de la marquise.

La sculpture est superbe, la polychromie qui semble d’origine, est magnifique et restitue pleinement le goût rocaille du milieu du XVIIIe siècle, appelé trop souvent avec excès « goût Pompadour ». Ces globes font partie des très rares rescapés de la période et des très rares pièces à avoir appartenu à la marquise, qui ont pu être identifiées.

Reste à savoir si le duc de Penthièvre en fit également l’acquisition, l’ornementation héraldique étant assez ostentatoire. Auquel cas, ces globes auraient ensuite probablement rejoint le château d’Anet en 1775, au moment où le duc se sépare à son tour de Crécy-Couvé.

Il y a bien sûr d’autres merveilles de Rigaud, de Largillière, et de tant d’autres à découvrir au musée, gratuit, des beaux-arts de Chartres. Bonnes découvertes !

Vincent Pruchnicki

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