28 octobre 2015

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Vincent Pruchnicki

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Vincent Pruchnicki

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Les Hasards heureux de l’escarpolette, 1767, Wallace collection, Londres. DR.

Le XVIIIe siècle n’est pas seulement le siècle des Lumières ou de la Révolution, il est aussi celui du libertinage. Les frasques du roi Louis XV avec la Pompadour et les sœurs de Nesle ne sont que la partie visible du phénomène qui s’empare de la France et de l’Europe. La morale traditionnelle déjà écornée au XVIIe siècle est malmenée avec la diffusion de ce courant de pensée et la parution de nombreux ouvrages licencieux. Les malheurs de l’inconstance de Claude-Joseph Dorat, les Egarements du cœur et de l’esprit par Claude-Prosper Jolyot de Crébillon, les Bijoux indiscrets de Denis de Diderot ou les écrits du Marquis de Sade diffusent les codes du dévergondage avec une très grande liberté de ton.

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Perrette et le pot au lait, 1770, musée Cognacq-Jay, Paris. DR.

C’est dans ce contexte que l’œuvre « galante » de Fragonard doit être lue. Intrigues amoureuses et scènes de séduction sont figurées avec délices par ce peintre très audacieux. Marqué par l’œuvre de François Boucher où la galanterie a déjà toute sa place, Fragonard ajoute dans ces peintures une touche de sensualité. Les scènes champêtres deviennent plus évocatrices. Peintre des boudoirs et des alcôves, Fragonard est marqué aussi par l’érotisme des maîtres flamands aux représentations plus qu’allusives. Mis en parallèle avec des dessins et des peintures de ses contemporains, on décode avec plaisir ces tableaux pleins de « secrets ».

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Illustrations pour les contes et nouvelles de La Fontaine, « Le diable de Papefiguière », 1765-1777, Petit Palais, Paris. DR.

Pourtant Fragonard s’avère parfois soucieux des convenances et explore aussi le véritable sentiment amoureux. Exit cette quête égoïste du plaisir où la femme est une proie plus ou moins facile à atteindre et plus ou moins manipulable, à l’image des héros des Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos. Fragonard se consacre aussi à l’amour noble.

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La Gimblette, vers 1777, Alte Pinakothek, Berlin. DR.

Artiste à l’œuvre hétérogène, Jean-Honoré Fragonard dévoile au musée du Luxembourg du 16 septembre au 24 janvier 2016 l’art de la galanterie au XVIIIe siècle en flirtant parfois avec la trivialité. Découvrez les toiles de ce grand peintre français qui a su s’intéresser à l’Amour sous toutes ses facettes: coquin, sensuel, profane, allégorique voire mystique.